ÉPILOGUE
pouvaient qu'appeler sur moi les foudres, et inspirer aux maîtres du jour ou du lendemain la pensée qu'il me fallait quitter la place; et c'est une pensée qu'ils ne tardèrent pas à avoir en effet. Il m'eût fallu pour soutenir la lutte l'appui et le concours de Grévy. Mais Grévy n'eut jamais, à la Présidence, la volonté ni même la pensée de faire une politique personnelle et active. Ce n'est que dans la période qui suivra celle qui s'achève et dont je raconte les derniers moments, que l'on pourra étudier et connaître la conception gouvernenoentaie de Grévy et L'influence de sa magistrature sur les destinées de la République. A l'heure où nous sommes, je ne trouvai chez lui que le témoignage de sentiments d'estime dont je m'honore, mais qui ne pouvaient guère me servir pour le maintien de notre système de gouvernement. Notre manière de faire, d'ailleurs, pouvait par certains côtés cadrer avec ses opinions de bourgeois intéressé à l'ordre, mais elle ne convenait qu'à moitié i ses préjugés de Jacobin. Il n'aurait pas voulu surtout avouer ce système politique et le proclamer sien.
11 n'était pas encore installé à l'Elysée, et il habitait son appartement de la rue Volney, — qui s'appelait al ors la rue Saint-Arnaud, — lorsqu'il me fit prier d'aller le voir. Mes collègues étaient réunis à l'hôtel de la place Beauvau, dans le but de se constituer; et on pensait, sans le dire, à la présidence du conseil des ministres, vacante par la retraite de M. Dufaure. C'était justement Tobjet de l'entretien que Grévy me demandait. Il me dit qu'il avait voulu me consulter sur le choix qu'il avait à faire d'un président du conseil, ajoutant qu'il avait naturellement pensé à moi, mais que... Je ne le laissai pas développer sa précaution oratoire, le remer-