‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 20 sur 171 · CAUSES IMMÉDIATES DE LA CHUTE DU MINISTÈRE JULES SIMON · texte numérisé non relu

CAUSES IMMÉDIATES DE LA CHUTE DU MINISTÈRE JULES SIMON

Déjà à l'Assemblée nationale, et de très bonne heure, cette question religieuse avait soulevé des orages précurseurs de la tempête qui a été déchaînée plus tard, vers 4880 et i88i. — L'érection de la basilique de Montmartre, les pèlerinages, les enterrements civils, avaient donné lieu à des débats où Ton sentait déjà la poudre. Les manifestations religieuses, si multipliées alors, n'étaient pas toutes cependant inspirées par des convictions seulement politiques. Quelques-unes sortaient d'âmes sincères, d'esprits pénétrés d'une sorte de mysticisme, de cœurs dévots qui, pieusement, rattachaient les maux de la France à une idée expiatoire, et qui imploraient pour elle l'intervention directe de la Providence. Mais celles-là n'étaient pas les plus bruyantes. Il y en avait d'autres qui avaient un caractère politique non douteux, pèlerinages, processions, réunions retentissantes, où l'on faisait apparaître des étendards, des drapeaux, avec des signes d'un royalisme plus ou moins ancien régime, où Ton chantait des hymnes remplis d'un souffle monarchiste bien plus que de piété véritable. Il n'en fallait pas tant pour remuer le vieux ferment de résistance contre la domination des sacris-

lies, qui est au fond de l'âme des Français même les plus attachés à leur culte, et pour éveiller les craintes des représentants voués à la cause de la République.

Les lois sur renseignement public qui furent discutées à l'Assemblée nationale, donnèrent lieu à des escarmouches, si on compare les luttes d'alors à celles que soulevèrent plus tard les lois scolaires de Jules Ferry. Les républicains de la Gauche avancée, sans dévoiler encore tous leurs desseins, laissaient bien entendre qu'ils considéraient comme une loi funeste, et qu'il faudrait abolir quelque jour, la loi de i850, laquelle avait établi la liberté de l'enseignement. Mgr Dupanloup et les orateurs de la Droite dénoncèrent, de leur côté, les projets des républicains, et l'œuvre ténébreuse des sectes antireligieuses. Us étaient, sur ce point, plus en éveil et mieux instruits que la fraction modérée du parti républicain. Mais rien alors ne pouvait faire soupçonner l'esprit nettement irréligieux qui régnait dans une autre fraction de ce parti, et qui se montra longtemps après, vers i880 et i881, et dans les années qui ont suivi. Pendant la période de l'Assemblée nationale et celle qui a précédé immédiatement le Seize Mai, la question n'était pas née, du moins avec le caractère aigu qu'elle a eu depuis. .

Aussi, prétendre que l'anticléricalisme sévissait dès ce temps-là comme on l'a vu après 1880, c'est faire un véritable anachronisme, qui tend à inféoder le parti républicain tout entier à l'esprit de secte. 11 importe de faire justice d'une telle confusion de dates et de faits« C'est bien à tort, par exemple, que> dans son discours

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