CHAPITRE Y
moire, c C'est convenu, nous irons tous à l'assaut de c la République, les uns avec le Coq, les autres avec TAigle, et les troisièmes avee le Lys. » Voilà la cacophonie! >
M. de Laboulaye avec sa fine bonhomie, et sur un ton de pessimisme, fit ressortir les étrangetés de cette politique d'aventure qui allait à l'inconnu; et il annonçait que ni le Sénat ni le Président de la République ne pourrait plus tenir un instant après le résultat des élections. Prévision qui fut déjouée par la sagesse de la Chambre élue plus tard, mais qui jugeait la politique 4a ministère, appéciée par un homme d'un esprit si pénétrant et d'un tempérament moral si modéré.
Ënfin^ la lutte allait finir; cette lutte, dans laquelle tout le monde avait combattu à visage découvert, et où l'on vit apparaître aussi l'extrême Droite, dans la personne respectée de l'un des derniers de ceux qu'on appelait les Chevau-légers à l'Assemblée nationale, le vieux et sincère marquis de Franclieu qui dit nettement : < Assurément ma confiance dans le ministère actuel n'est pas grande, » exprimant ainsi les vrais sentiments de beaucoup de membres du parti royaliste. Le projet de résolution fut mis aux voix : « Vu le message de M. le Président de la République en date du 16 juin, par lequel il fait connaître au Sénat son intention de dissoudre la Chambre des députés, et lui demande l'avis prescrit par l'art. 5 de la loi sur les pouvoirs publics, le Sénat émet un avis conforme à la proposition du Président de la République. » Cet avis fut voté par 149 voix contre 120.