‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 110 sur 725 · Voir plus haut, p. 31, et Sl^x Morceaux choisis, p · texte numérisé non relu

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0. Ses œuvres latines et françaises ont paru vers 1610. Les coutemporains mettaient les pièc9s latines et spécialement les épi grammes au-dessus des poésies françaises. Nous avons parlé plus haut, p. 115, n. 1, de ses essais de vers mesurés, à l'antique.

4. Il était protestant, et avait été blessé comme ses coreligionnaires des discours des « Misères du temps. » Il répliqua avec J. Grévin et la Roche-Chandieu, par des pamphlets en prose et en vers. En 1563 parurent à Orléans trois réponses u aux calomnies contenues au discours et suyte du discours sur les misères des temps, fait par messire Pierre Ronsard, jadis poète et maintenant presbtre, la première par A. Janvariel [Anth. de laBoche-Chandieu) ; les deux autres par B. de Mont- Dieu (on suppose que c'est J. Grévin), où est aussi contenue la « métamorphose dudict

G. Durant 1, avocat distingué, fut, comme tant d'autres magistrats ou savants du seizième siècle, poëte à ses lieures et non sans talent : il a paraphrasé en vers français les poésies latines de son ami Pierre Bonnefon, et composé des odes, sonnets, chansons, élégies amoureuses adressés pour la plupart à une maîtresse imaginaire nommée Charlotte.

Les Premières awours sont gracieuses, mais l'auteur n'y respecte pas toujours la décence ; ses Secondes Amours sont moins libres : il y ri\^ne un ton de mélancolie, de rêverie douce et poétique. La langue est naïve et simple, un peu mignarde, par suite de l'abus que Durant fait des diminutifs; la versification est correcte.

De toute celte famille de lettrés qui cultivaient la poésie comme passe-temps, Jean Passerai' est à peu près le seul qui ait gardé sa réputation jusqu'à nos jours. Il est de la race gauloise des Villon, des Rabelais, des Marot. Il manie avec aisance la plaisanterie et la raillerie. Son vers est vif, alerte, plein de trait. Sa muse moqueuse s'attaque aux femmes, aux jaloux, aux procureurs, etc. Il compare la femme aux procès :

Tous deux sxns rien donner prennent à toutes mains. Tous deux en peu de temps ruinent les humains; L'une attise Je feu, l'autre allume les flammes; L'une aime les débats et l'autre les discords. Si Dieu doncques vouloit faire de beaux accords, 11 faudroit qu'aux prccès il mariast les femmes.

II chante avec un enjouement exquis les mésaventures de ce pauvre vieillard qui fit la sottise d'épouser une femme jeune

Qu'il aima trop, si l'on peut trop aimer.

Ronsard en presbtre.» En même temps paraissait la (( seconde réponse de V. de la Baronie [Florent Chre^tien] à nicssiro pierre Ronsanl , presbtre gentilhomme \andosmois, évesque futur, plus le Temple de Ronsaid, où la légende de sa vli est brièvement décrite. » L'année suivante FI. Chresticn publiait encore une apologie d'un homme chrestien « pour imposer silence aux «sotes répréhejisions de M. rierre Ronsard, soy-disant nonseulemtnt poëte, mais aussi maistre des protestants, etc. » [Ci. 'Ërixadi, Manuel du libraire, t. IV, (18G3), col. 148:! ; av- WcXt Itonsnrd .) On sait que Ronsard se réconcilia plus tard avec Chresticn comme avec Grévin. — Le calviniste Antoine de la Rocht-Chandieu ( 1 534- 1 i»9 1 ) a laissé des

poésies religieuses et politiques (Lyon, 1501) qui témoignent d'un certain talent.

1. Gilles Durant, sieur de la Bergerie, né à Clcrmont (Auvergne) vers 1550, mort en IGlii. M. Brunet (Manuel du libraire, article La Bergerie) dit qu'il fut rompu vif en 1618. 11 le confond avec un autre Durant qui périt en place de Gi'èvc pour avoir publié un pamphlet contre le roi. — Ses poésies ont paru complètes en un volume sous le titre : Les Œuvres poétiques du sieur de la Bergerie, avec les imitations du latin de J. iionnefon. 1594. — Voir aux Morceaux choisis, p. 63, la charmante pièce de Durant sur le Trépas de l'âne ligueur.

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