LE THÉÂTRE AU XVI" SIÈCLE
celle du Vieil Testament soule\èrfnl les coltres du Parlement. Eu 154S les confrères qui venaient de s'éliblir ii l'hôtel de Bourgogne ayant demandé la conflnnalion de leurs [)ii\iléges, le Parlement leur permit de représenter les sujets pr(Va"e5, honneste-i et licites, et leur interdit expressément les mystères tirés de l'Écriture sainte. C'en était lait de notre vieux lliéàtre religieux; quatre ans après, Joilelle créait le théâtre moilerne.
Ce théûlre toutefois ne Iriomph i pas du [tremier coup. Les mystères profanes perpeluèrenl l.i tradition du moyen âge. Le privilège exclusif dont jouissaient les l'ières de la Passion empochait la formation d'acteurs capables d'interpréter l'art nouveau, et l'école de Jodelle en éiai' rédi.ite à laire joui r ses tragédies et ses comédies par des écoliers ou des gens du monde, dans les collèges ou à la cour. Ainsi la perpétuité de celle confrérie, assurant à son répertoire populaire* nnt; longévité désastreuse pour le théâtre, faisait obstacle an pmgrès d'un art plus savant. Enfin la force des choses amena les Frères de la Passion à transiger avec la nouvelle école, et vers loSy ils louèrent leur privilège et leur salle à une troupe de comédiens qui put,graceau règne de Henri IV et au retour de la paix (irit'S), jouer régulièrement la comédie et la tragédie. Ce lait, qui parai! insignifiant, eut son importance. Avec ce théâtre sans tradition, maître de choisir son répertoire, allaient se former des auteurs et un public nouveaux, capables de s'élever peu à peu jusqu'à l'art véritable.
Cependant les mystères religieux, interdits à Paris seulement, se continuaient en province. En 1.î8() le curé Lecoq donne sa tragédie de Caïn^; et le Normand Vauquelin de la Fresnaye prend dans son Art poétique la défense des mystères sacrés qu'il recommande aux auteurs dramatiques''*. Mais éclipsés par les splendeurs du nouveau théâtre du dix-septième siècle, ils se retirent dans les campagnes où ils ne sont pas encore t)Ut à fiit éteints. On peut en voiries derniers restes dans :es représentations de la crèche de Bethléem que quelques églises fotit à Niël ou dans le spectacle de la Passion que des coin.'diens ambulants donnent dans les fuires; les acteurs sont devenus des marionnettes.
Après ce coup d'œil jeté sur l'histoire de notre ancien théâtre, il nous faudrait examiner les œuvres qu'il a produites au sei-
l.On y voit des pièces tirées des romans de chov;ilcric.Z/?iOHrfeZi')rdt'fti<xpai- exemple fut joué pendant plusieurs journées.