Le vers dominant dan<; les mvslère
est le vers de huit syllabes, i f. aux Morcenux cAoix/s le myslcrc de sa-"l L'.iih. Jodelle so sert du vers de dix s\l!al>es ;>ux actes il, lU et V, de l'alexandrin aux actes I et IV; ceux-ci sont beaucoup plus dramatique;: que les trois .Tutres, et l'auleur sent que l'alexandrin est plus propre à exprimer les (;r.inJ> senliinents. Le premier aete c?t tout entier en rimes féminines, les au'res présentent au hasard des rimes m:iscu'ines et féminines. Le? rhreurs, divisés
en stroplies et fa'ls pour être chantés, présentent, suivant les règles de notre ancienne poésie hrique, l'allern.ince réL'ulière des rimes inasciilinrs et féminines, alternance imposée par des nécessités Miéloiliques.
Voir sur la C.h'opàtre li>s pactes excellentes d'Kbert que nous résumons ici en partie, op. ri/., p. 91-1 17.
i. Vinjît ans après Ji>di>l!c, Marlow reprenait en collaboration avec Th. N'asch le même sujet qui ne devait pas plus lui réussir qu'au poëlC français.
lernalivement et régulièrement masculines et féminines. Avec les deux tragédies de Jodelle, commence le. lliéûlrc moderne. On a vu que son caractère est l'imitation du drame antique. Mais, parmi les anciens, il en est un dont l'action, considérable sur notre Ihéûlre, comme sur le théâtre italien et espagnol, doit a[ipeler l'attention. Arrêtons-nous donc sur l'influence que Sénèque le tragique a exercée sur le théâtre de ce temps. Lorsque les auteurs dramatiques songèrent à s'inspirer de l'antiquité, vers le commencement du quinzième siècle, ils s'attachèrent de préférence à Sénèque le tragique \ parce que le latin était plus facile à lire pour eux que le grec, et parce que de la littérature dramatique romaine il ne restait que les tragédies de Sénèque ; ensuite parce que la perfection, l'admirable simplicité des modèles grecs était d'une imitation bien plus diflicile pour des commençants à peine initiés aux plus simples principes d'un art nouveau, que les œuvres déclamatoires du tragique latin. Il était plus aisé de versifier les grandes catastrophes tragiques, incestes, parricides, qu'affectionne Sénèque, que de s'attacher à l'observation des caractères et à l'étude des passions. 11 était plus facile de prêter aux personnages de belles sentences morales, que des discours en harmonie avec leurs caractères et leurs actions. Dès le quinzième siècle, Sénèque sert donc de modèle aux auteurs dramatiques. Au seizième, son influence ne fait que grandir, et la ■poétique de J. C. Scaliger ^qui est fondée tout entière sur les œuvres du poëte romain, adoptée par les universités, érige en loi son système dramatique. On y apprend à négliger Vinvcidion, Sénèque ayant emprunté ses sujets, à ne s'occuper que de la diction, à choisir un argument court et simple, qui peut être varié par divers incidents accessoires, à étaler de longs discours sentencieux et de belles maximes morales qui instruisent le spectateur. La poétique de Scaliger et avec elle les tiagédies de Sénèque devaient influer sur Corneille mémo et sur Itacine à ses débuts.
Jodelle trouva des imitateurs. Un an après la représentation de la Clécpàtrc et de ÏEugéne, Jean de la Péruse *, qui avait joué un rôle dans ces deux pièces, écrivit à son tour une Médéc imitée de la Médée de Sénèque. Cette pièce, fort médiocre, lit considérer l'auteur comme « l'un des premiers tra-
1. Quo les tragédies mises sous le nom do Sénèque soient l'œuvre iliin seul auteur ou de plusieurs.