‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 127 sur 725 · NABUCHODONOSOR · texte numérisé non relu

NABUCHODONOSOR

Je les affranchiray du jou;,- de servitude.

2. Pour l'oxplicalion de ce mot, voir aux Morceaux choisis, p. 82, n. b.

172 L.\ LITTÉRATURE FUANÇAlSIi; AU XYI" SIÈCLE.

et les reines? Le prophète, apn^'s quelque hésitation, fait le tragique récil dcshoi-reiirs auxquelles il a assisté : Sauce, le grand pontife, décapité, les enfants de Sédécie égorgés sous les yeux de leur père, et lui-même appelant à grands cris la mort, landis que les bourreaux lui crevaient les yeux avec un fer rouge. Les femmes s'abandonnent fiux lamentations. Le prophète explique à Sédécie comment Dieu se sert d'un impie comme Nabucliodonosor pour frapper son [)euple, et il prophétise la ruine future de Mubylone, le retour de la caplivilé, la reconstruction du temple et la venue du (ihrist.

Celle analyse met en relief Us défauts de la pièce plus que SCS mérites, parce que les défauts tiennent à la composition et les mérites au style. Cependant le combat entre la crainte et l'espérance à la fin du troisième acte et du quatrième, présente quelque chose de réellement dramatique. Les récits sont émouvants; un souffle tragique anime loule la pièce. Deux caractères sont développés avec force, ^\^bucllodonoçor et y\milal. Jusqu'à Corneille on ne trouve guère dans notre Ihéâlre de personnages aussi vigoureusement tracés. Le style, plus simple et plus naturel que dans les autres pièces, a souvent de la vigueur, de lamajeslé,de la grâre; la versification est correcte, élégante; enfin, les chœurs témoignent d'une rare science du rhythme.

La Brudamant'! (io80) nous présente un troisième g(!nre de pièces; c'est une tragi-comcdie, c'est-à-dire une tragédie à dénoûment heureux. Le sujet en est pris au Roland furieux de l'Arioste *.

L'acte I s'ouvre par un monologue de Charlemagne qui, fier de son armée invincible, de ses douze pairs, veut porter la guerre chez les ennemis qu'ila chassés de France. Le ducNayme de Bavière, le sage conseiller, détourne Charlemagne de <'ette entreprise. Charlemagne se rangea cet avis, et songe qu'il faut relever le pays des ruines qui y a causées la guerre. Il va récom[)enser chacun selon ses services, et donner liradamante, la iille d'Aymon, à Roger, Sairasin converli à la foi et devenu le défenseur de la France. Les jeunes gens s'aimiinf. Mais Aymon préfère à lioger Lé(jn, fils de l'empereur de Byzancc. — Eh bien, dit (charlemagne, nradau)antcaura pour époux celui qui la vaincra dans un tournoi.

Au d(''but de l'acte II, Aymon et sa femme Héalrix causent bourgeoisement du mariage de leur fille. Le prince Léon est

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