‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 129 sur 725 · II. — La comédie au xvi« siècle · texte numérisé non relu

II. — La comédie au xvi« siècle

La comédie, malgré les imitations ou les traductions d'Aristophane, de Piaule et de Térence, n'est ni grecque ni latine. Elle sort delà farce du moyen ûge et de la com^'die italienne. Jodelle, Gré\in, Jean de la Taille ont beau attaquer la farce dansleurs prologues; c'est d'elle qu'ils empruntent leurs sujets en donnant à l'action plus de développement et d ampleur. D'ailleurs la farce renfurmail le germe de la coini'die, et il n'y avait rien d'étonnant que celle-ci en sortit : trop souvent, jusqu'à la Mélite de Corneille, la comédie rappellera son origine par la licence de ses peintures.

i. Voir Kmilc Chastes, La conuiilie en France an xvi" sii'cle.

I,E TilliATRE AU XVI' SIÈCLE. 177

D'un au Ire côlé la comédie italienne pénètre en France. Î,C3 Sitppositi de l'AriosIe sont Irndnits en vers par Jacquks Bourgeois en lois, le S'iciifice des InlronnllMe l'Académiiî de Sienne par Chari.es Iùstiknne, le pèie de Uoberl, en 1547. L'année suivante, la colonie llDronline de Lyon ofTi-e à la nouvi'Ue ruine Catherine de Médicis la rcprésenlalion de la Calandria de Bibbiena, jouée par des acteurs italiens^. En loSi, Jiîan-Pieure de Mesme reprend les Sup}iosés qu'il traduit en prose, et un peu plus lard le Négromant de TArioste passe également dans notre langue sous la plume de Jean de la Taille '. Ces pièces ofFient le système de triveslissemenls, d'imbroglios, renchevtJIrement de l'inlrigue, et en même temps la licence des peintures qui caractérisent le tliéâtre de l'Ariuste, de Machiavel et de Bibbiena.

La première comédie classique, la comédie d'Eugène fut, jouée devant la cour en 15a3 *. Jodelle, dans le prologue de sa pièce, exposa à son royal audiloire les théories de la nouvelle école. Plus de farces, de moralités avec leur fatras; il (aut une comédie qui, se modelant sans servilité sur celle des anciens, soi moderne : « Rien d'étranger on ne vous fait enlendre. »

La comédie d'^'i/géne, ainsi nommée d'un abbé qui y joue un rôle importanl. rappelle trop nos vieux fabliaux pour pouvoir être analysée ici. Elle fut reçue avec un succès qui encouragea Jacques GnÉvm ® à marcher sur les traces de son ami. La Trésorière ou Maubertine (l5o8) est une itnitation déguisée à.'Eugène, comme les Esbahis du même auteur sont une imitation du S'icrifire de Ch. Lslienne^.

La Reconnue de Ricm Belleau'^ est une œuvre posthume. On ignore la date de sa composition; un ami inconnu la retrouva inachevée dans les papiers de l'auteur, après sa mort (I.i77), et y mit la dernière main. Moins licencieuse que les comédies précédente?, elle est écrite d'un style faible, traînant, mais gracieux et poétique, le sujet est l'histoire d'une jeune fille qui, sauvée par un capitaine au sac de Poitiers en to6'2. est confiée par lui à un vieil avocal; celui-ci, qui l'aime secrètement, veut, pour la garder près de lui, la marier malgré elle

1. L'académie des Litronnti (c.-à-d. l 4. A'oir plus haut, p. 156. imhécilei) de Sienne, académie fondée .ï. Voir plus liaiil, p. 163.

vers 1430 dans le but de cultiver la lati- I 6. Celte iruilation parut d'abord sous gue italienm;. Les membres do cette so- le titie de Comédie du sucrifii c, qui est ciété se donnèrent le Duni A'Intronali le titie de la pièce italienne, puis sous par plaisanterie. ' celui des Esbahis qui lui est resté.

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