‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 137 sur 725 · Voir Gandar, Ronsard consiiyrt · texte numérisé non relu

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tins enipriinlés par Ronsard ont passé dans la langue. Muret cite sympathie {.Km. I, 197 , qui est si français aujourd'hui. Hicliclet .Odfs,U, 2) cite à tort pindarisrr qui se trouve déjà dans Rabelais {l'ant., 11.) Voir également la préface des Tragiques (l'dit. 16 1 6) où d'Aubigné rappelle les rccominandalioiis de Ronsard.

comme i-r.itntcuv d'Homère et de PindareA'^iiiMi, en citons un passage plus haut, Met», 18i4. I.cs rares mots grecs et la- \ p. Ii2, n. 3.

Ift2 L\ LANGUE FIIANÇAÎSE AU XV!" SIECLE.

pied, etc.; en cela clic était jusqu'à un certain point originale'. Klle créait aussi des dérivés, selon les conseils du maître qui encourageait le « provignemont » des mois. Ici elle ne faisait guère que continuer les traditions de notre langue. Parmi ces dérivés, les diminutifs étaient surtout en faveur. « Noire lang'ie, dit II. Eslieniie ^, est tellement ployable à toutes sortes de mignardises que nous en faisons tout ce que nous voulons, adjoustans souvent diminution sur diminution, comme arc, archet, arclielc(; tendre, tmdret, tendrelei; quand nous disons aussi homme, hominet, homme l et.... Ce qui fait que nous avons plusieurs diminutifs de ceste sorte, c'est que pouvons nous aider d'une autre sorte de terminaison, asçavoir en il loti, comme oiseau, oiselet, oiaillon; pareillement carpe, carpeaw, carpillon. Et quelquefiis ceste terminaison enillon ne sert qu'à la diminution et venons à une autre pour trouver la su|)erdiminulion ; comme quand nous disons cotte, cottillim, cot/tllounet. Aucuns font le mesme en une autre sorte de terminaison qui est son ou cim (prononçant le c comme s), comme enfant, cnfancon, enfanconnet. » II. lisiienne cite ensuite des exemples de R. Belleau qui a usé et abusé de ces diminutifs.

Ha, qno jo liay ces niangeraux, Ces cliicanoui's procuraccaux I

Le gentil rossigolet

Doucolct Découpe dessous l'ombrage Mille fredons babillars,

Frwtillars, Au doux ciiaiit de son ramage ^.

§ 11. A côté de ces formations nouvelles ou de ces emprunts faits au latin et au grec, la langue recevait de nouvelles séries de mots des peuples voisins. 1/ Italie au commencement, l'Espagne à la lin de la seconde moitié du seizième siècle menacèrent la Lingue d'une véritable insasion.

Sous le règne de l'raiiçois I'"' et spécialement de Henri II, l'italien devient à la mode au[)rès des seigneurs de, la cour. Cette influence iirédomiuante d(! la langue italienne excitait la colère des écrivains de la l'iéiade qui défendaient énergique-

1 . Voir plus haut, p. 120. I 3. Voir aux Morcrnux c/ioisi^, p. 363 et

î. J'reccUe?ice, p. 97 et suiv ïéd. 1 p. i36.

Feugèrc. I

ment les droils de l'idiome national •. Le plus ardent de ces champions fut lli'nri IOsli(>niie qui écrivit en l'honneur de notre langue la Prcccllcwe, la Cou for mil é da langw/e fmnçois avec le yrcc et les Diiilo(jues du françois italianisé -. Dans ce dernier ouvrage il mot aux pii.^cs CelloiiltUc el Philausone; celui-ci fait en parlant un abus ridicule de mots italiens. « Celtophile. Où alliez-vous quand je vous ay rencontré? — Philausone. Je m'en allés * t\ spacc; car j'ai ce^te nuance de spaceijer après le past : et mesnies quelque volte incontinent après, quand j'ay un peu de f'astide ou de martel in te4e. — Celt. Vous plairoitil sortir hors de la porte pour prendre l'air des chamois ? — l'hil. i'anres plaisir de faire compagnie « vostre seigneurie, si je n'estes desja un peu slanque. — Celt. Comment ! avez-vous si mauvaises jambes? — Phil. J'ay bonnes jambes (de quoi Dieu soit ringrazk), mais j'ai bitlu la strade desja tout ce matin, etc. »

On trouve en etVet dans les auteurs du xvi* siècle un très-grand nombre de mots italiens dont une bonne partie s'est conservée dans la langue. Ce simt des termes de cour, iniroduils par Catherine de Médicis : co»?'/«S'ni (coi ligiano), camèiier (cameriere), escorte (.-cor ta), ir?(/i<'.' (briga) , «/irise (altessa),. sjîarfdssi// (spadîissino), la créature de qqn) (crealura), etc. ; des termes de plaisir : bouffon {h ui\'oiw), carnaval (carnavale), arlequin (ai-lequimi), charlatan fciarlatano), etc. ; des termes d'art : balcon (balcone), eontrasie (contrasta)^ costume {co?>lvnu:\), cadence (cadenza), a/'ca(/e (arcata), balustre (balustro), b ildaquin (baldaquiuo), cartouche (carloccio), arlis(m (artigiano), fresque (fresca), garbe ou galbe (garbu),' maquette (maquelta), etc. ; des termes de guerre introduits par les guerre d'Ilalie : alerte (aU'erta), ayispessade (lance, spessata), bandiére, (banderia), barricade (barncata), bastonnade (bastonata), arquebuse, (arcubu.;io, qui remplace le vieux mot hiquebute), citadelle [ciUideUa), cavalerie, en vieux français chevalerie (cavaleria), infanterie (iulauteriii), fantassin (lanlaccino), squadron ou esquadron (squadroue), soldat (soldalo) qui a pris la place de soudart, embuscade (imboscat;i), escrime (scrimii), etc.*; enfin des termes généraux : antiquaille (aiiticaglia), antiquité; bastcr t'bastaro) et battant (baslaule), suffire, sultlsant ; brave (bravo) el ses dirivés, brusque (brusco), canaille (canaylia), faquin (facchiuo) portefaix, estrapade et nombre de mots en ade :

1. Ronsard, Tahurcau {Dialogues, p. 3, -s Cf plus bas, p. 212

de l'édilion de Conscience , etc.

t. Voir plus liaui, p. 177 el Morceaux choisis, p. 130.

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