AU, EAU
§ 33. Aujourd'hui mi el eau se prononcent à ; au seizième siècle, au (venu de al, § 19) hésitait entre ao et o; e( eau (sorti de el par rintorniédiuire de eul) hésitait également entre eao et eo, c'est-à-dire que eau présentait le son de au précédé de celui de l'e féminin (§ 2i). Le grammairien Meigret (il'i'6) demanJe qu'on écrive ao et non au, puisqu'on prononce a) ; aotant, chevaos. Pierre Ramus (1572) n'y reconnaît qu'un son simple qu'il représente parapet qui pour lui est intermédiaire entre Vo et Vou; c'est Vo long, son que nous attribuons précisément à aa. Robert Lstienne voit dans au la diphthougae latine, c'est-à-dire aou et blâme les rimes maus, mots. Th. deBèze voit à peine une dilVérence entre la prononciation de au et celle de o ; « Vel parum vel niliil admoduni dillerl ab o vocali. » Toutefois, dit-il, les iNormands prononcent au. Dès le dix-septième siècle, le franc lis avait ramené au à u.
Eau avait, au témoignage de tous les grammairiens, le son de e féminin suivi de au. Aujouid'Imi, l'e féminin a disparu ; on sait que dans le Nord il s'est changé en i, et tandis que les Françiis réduisent beau à bau, c'est-à-dire bô, les Picards l'ont ramené à biau, c'est-à-dire à biô^.