C,Q;G; CH, J
§ 58. Le c est muet dans les mots où il est rétabli en vue de l'étymologie : faict, naict, etc. (cf. § 19); il se prononce dans les mots empruntés pur les savants au latin : acte, action, contracter, etc.
§ 59. Quand, suivant une habitude du temps, on veut doubler le c médiat, on l'écrit cqu : picquer, mocquer, -placqunr, etc. Dans les adjectifs en c dont le féminin est régulièrement en que, au lieu de remplacer comme aujourd'hui le c par qu, on ajoute la terminaison féminine que à l'adjectif masculin : turc, turcqae. La trace de cette orthographe s'est conservée dans grecque.
§ 60. On trouve quelquefois q écrit pour qu dans l'intérieur des mots. Cette orthographe tient à la réforme orlliographique tentée par Meigret et ses disciples et qui consiste à supprimer les lettres inutiles. Delà qoy pour quoy (d'Aubigné).
§ Cl. De même g pour (jii de^ut e, i. On trouve dans certai-
XVI" SIÈCLE. 13
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nés éditions de Rabelais prologe, naviger : il faut prononcer prolugiie, naviguer, etc.
§ 62. Nous avons parlé pins haut de la notation de ngk la fin de certains mots : somg, etc. Voir § 8.
§ 63. Par suite de l'identité d;ins la prononciation de eu devant e, i, de c devant a, o,u, de qu devant les diverses voyelles, on voit ces notations employées l'une pour l'autre : vainquons, vainconf, vaincueur.
Le mot chercher est en vieux français cercher du latin populaire circare, aller çà et là aux alentours {circa}', comparez cmculum devenant cERcZe et claudicA-RK, clocher. En picard ce mot était devenu véguhèremeni ^herkier. Soit confusion entrela forme française et la forme picarde, soit influence de la seconde syllabe de cercher sur la première, le fait es-t que vers la fin du seizième siècle cercher est devenu c/nrcher. Mais on trouve encore souvent cercher, écrit aus^i sercher'^.
§ (i4. Devant e, i, le g» a la valeur de j. Ue là l'emploi indifférent de ge ou de j dans des mots que nous écrivons aujourd'hui régulièrement les uns par gc, les autres par y. Le dictionnaire de Robert Estienne écrit gect ou ject; celui de Nicotsurg'eoyiouswjion.
§ 65. Le vieux français avait supprimé Vh muette et écrivait
avoir, eu, ostel, istoire, irondelle, elc. On la fit reparaître au seizième siècle : homme, havoir, heil, hostcl, hirondelle, elc, et même on l'élendit abusivement à des mois qui n'y avaient pas droit : habondance (abundanlin); heur {augurium), hostage (dérivé de ohsidem), huis (ostium), hauteur (auctorem), etc. L'orlhographe moderne, avec son inconséquence habituelle, a dans certainscasmaintenu ou rejeté sans raison cette /i initiale qu'on avait sans plus de raison fait reparaître ou ajoutée : d'un côté homme, histoire hôtel, etc., latin ; hominem, historia, hospitale, etc; de l'autre avoir, eu, on : latin : habere, h'ibutum. (pour habitum, cf. § 33), homo ; d'un côlé huit^ huis, huître, heur; latin ; octo, ostium, osteum, augurium, etc., de l'autre : wi de wius écrit quelquefois au seizième siècle hun ; ostage, abondance, etc.
Au seizième siècle, l'incertitude de l'orthographe est bien
\, Lps dialectes du Centre ont conservé le f de ce/'cAer ; ils prononcent «archer, cf. g 2b.
marquée par ces diverses notations : Dictionnaire de Robert Estienne ; »oustatde, tohon, héberger ou esberger, hiiitre ou mieulx omjstre, rume, ostage. » Ditionnaire de Nicot : « housturde, tahon ou taon, hesbergcr ou esberger, huistre ou mieulx ooystre, rhume ou mieux rhmme ou reume, hnstai/e ou ostage. . »
§ 66. Pulsgrave (Esclaircissetnent d'! la langue françoise, p. 18) donne la liste des mois commençant par h aspirée ^ Parmi les mots de celte liste qui existent encore de nos jours, il faut remarquer hanuisson (hameçon) et havdillon, qui n'ont plus aujourd'iiui d'/t spirée. On constate dans cette lisle l'absence de héros.
Il ne semble pas que les écrivains du seizième siècle se soient soumis aux di^cisions des grammairiens; car un certaia nombre de mois qui doivent avoir 17i aspirée d'après les grammairiens du seizième siècle et qui l'ont de nos jours dans la langue commune, supportent chez ces écrivains l'élision de l'arlicle le, la: hangar, haï, hallebarde, hannissement, hardiesse, haricot, hasard, hasarder, haut, hausser, hautbois, hers, heurter, hideux, hobereau, honte, h'mtevx, huguenot, hucher, humer ^. Ce sont des prononciations dialectales ou populaires.
§ 67. On retrouve au seizième siècle Vh aspirée latine après le c dans certains mots où on ne la fait pas entendre. « La lettre h, dit le grammairien J. Pillot, forme avec le c tantôt le son représenté en allemand par sch, tantôt le son k ichirde, cholêre. » Ce groupe ch est la représentalion du grec x- Ori 1^ retrouve an seizième siècle danses^/to/e, charactere, méchanique, chrestien, etc. « Il y a, dit à propos de ces sortes de mots Pillot, « telles dictions où seroit insérée cette aspiration h avec le c ; il seroit indifférent de l'obmettre ou l'y laisser. »
L'orthographe moderne, aussi peu logique que possible, écrit école, caractère, mécaiiiqiie, mais chrétien, technique, etc.
De même après le t, on trouve écrit autheur à côté de aideur, thuer à. côté de tuer (Monluc). Le plus souvent dans ce dernier cas l'addition de Vh vient d'un pur caprice de l'écrivain.
§ 68. Le changement de / en u devant une consonne et la
réapparition de cette lettre après I'm sont expliqués §§ 19 et 80.
§ Ci9. M donne à la voyelle qui la précède un son nasal,
1. Voir également Théod. de Bèze, ] 2. Voir .77. . ' p. 188 et