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VII. Démonstratifs

§100- Les démonstratifs au seizième siècle sont :

1) Masculin singul. cest ou cet,ce,cestuy ou cettuy {cestui,cettui)

Féminin sing, ceste ou cette.

Masculin plur. cez ou ces.

Féminin plur. cez ou ces, cestes ou celles.

2) Masculin sing. cil ou cel, celuy {celui).

Féminin sing, celle.

Masculin plur. ceux ou ceulx.

Féminin plur. celles.

Ces diverses sortes de pronoms étaient à l'origine précédées de i: icest, icel, iveux, etc. ; les formes avec i se rencontrent encore au seizième siècle.

Les démonstratifs s'emploient comme adjectifs : 1) ; cest aye (Rabelais, I, 8), ce mal (id., 13), astuy monde (Marot, I, 383); ceste terre (Du Bellay, II, 27"2), ces braves palais (id., ibid.), ces vieilles ruines (id., 273).

Cest peut devenir attribut : que ceste soit la première règle (Calvin, Inst., 1008); ceate est ta seule causeiSat. Mén., 41).

2) Cil livre, celui ^e?«ps (Rabelais, II, I), icelui bonhomme [Grand Parangon, 37), celle fin (Monlaiyne, III, 13, etc.), d^icelle pierre philosophule (Dtè\*eriers, Cymbalum, II).

On ne trouve pas ceux adjectif.

Ces démonstratifs peuvent être suivis, cest, cet, etc., de icy, ci, et cil, celle, etc. , de là : ces vieilles icy (Rabelais), ces ge7is icy (Régnier) ; cestuy livre-ci; celle femme- là. Ils s'emploient comme pronoms (à l'exception de cest, ce, ces), en se faisant suivre soit de icy, cy ou de là, soit d'une proposition relative dont ils sont les antécédents, soit d'un génitif, comme dans la bingue actuelle du reste: celui-ci {-là), celui qui, cil qui (Marot, II, 370). Le livre de Pierre et celui de Paul ; ceux de t'rance. Toutefois icelui, icelle,

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iceiix, icelles, s'emploient absolument : Par ioelles voulut son père que (Rabelais, I, 9). A V encontre d'kelle (Calvin, Inst. Préf.). Iceluy estant entrcmeslé (Palissy, éd. Cap., 194.)

§ lOi . La famille de cesi {ecce iste) désigne les objets rapprochés et se fait accompagner de ici; la famille de cel {ecce ille) désigne les objets éloignés, et se fait suivre de M. C'est un souvenir du vieux français fidèle à la tradition latine: ille en effet désigne les objets éloignés •,is/e, ceux qu'on a en face de soi : Cestes-cy el celleslà (Du Bell., ///., I, 10). Plus je m'esloignerai de celle-là et approcherai de cette-cy (Montaigne, I, 19), Toutefois cet emploi n'est pas plus absolu que ladistinciion que nous faisons de nos jours entre celui-ci et celui-là. Montaigne emploie ceite-ci ou celle-là (I, 9). Dès la seconde partie du seizième siècle, la famille de cest se restreint au rôle d'adjectifs, celle de celuiaiu rôle de pronoms ; el, les significations propres de cest et de celui s'effaçant, il ne reste plus que ci et là pour les indiquer : cette chose-ci, cette chose-là; celle-ci, celle-là.

§ 102. Le pronom neutre ce (qui vient de ecce hoc et doit être séparé de ce masculin, afiuiblissement de cet) s'emploie tantôt absolument : c'est bien, ce qui, tantôt accompagné de là : ceci, cdà. Enfin on trouve souvent cela que, ceci que: Considérer tout ceci que je vous ay mis devant les yeux (Monluc).

YIII. Relatifs, interrogatifs, indéfinis.

§ 103. Ce sont les mêmes qu'aujourd'hui, sauf les variations orthographiques : quoy, quoi, qoy ; quy ; lesqudz, etc. ; toutte, touts^ touz; mesmc ; chuscun, etc. L'emploi syntactique offre des particularités qui seront étudiées plus loin. Notons les ïormes esquels, lesquelles (cf. § 85) et la forme que pour qui : ce quavient (qui avient) à tous ceulx (Du Bellay, Illuslr., II, 5). Que a également la valeur de qui dunsMonluc (II, 14, etc.), et ailleurs.

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