‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 160 sur 725 · Cité par Livet, p · texte numérisé non relu

Cité par Livet, p

3. Cf. G. Tory, Champ fleury, fol. m, J. Pelletier, Diàl. de l'orth., 11, etc., cf. Livet, op. cit., p. 160, 341, 436.

238 L\ LANGUE FRANÇAISE AU XVr SIÈCLE.

devray (-ai) ou deveray (-ai) rendray (-rai) ou rendevay (-ai)

devras deveras rendras renderas

d<;vra devera rendra rendtM-a

dovrons,-on deverons,-on rendrons,-ron reniierons,-ron

devrez deverez rendrez renderez

devront deveront rendront renderont

§ il 5. Les formes telles que rentierm', elc, sont dos licences poétiques que blâme Rons;ird : « Lesquels au contraire (il s'agit des verbes terminés à l'infiniiif par e), tu n'allonger.is pas, et ne diras prindera pour prendra, mord'va pour mordra [Art poétique, VII, 328). »

Quant à dwerai, c'est la seule forme donnée p;ir R. Estienne.

On Irouve souvent en vieux français de ces futurs en era pour ra : mettera, baitera, etc., même dans les textes en prose, dans Joinville, dans les chartes. Ils sont dus à une confusion avec les verbes de la première conjugaison ; il chantera.

§ 1 16. Lorsque la terminaison emide la première conjugaison est précédée d'une voyelle, les poëies élident volontiers l'e ; Je nind l'honneur ylas lomg (lions., Odes, I, 6).

§ 117. — Condiiionnel.

Les observations que nous venons de faire sur le futur sont à répéter [lour le conditionnel; il faut y ajouter de plus celles que nous avons faites sur l'imparfait.

§ 118. — Impératif.

Cliante finis part doi rend

Cl»antons,-on finissons,-on parlons,-on d(jvons,-on rendons, -on Cliantez finissez partez devez rendez

La deuxirme personne du singulier seule présente une parlicul.'irilé, l'absence de Vs dans doi (lat. debe) et dans rend (lat. redde) : Respon sur ce volume (Du Bart., 5('W., II, p. 4ti, a), Repren l'avirun {l\of)s., Odes,l, i). Vien (Id., ibid., î, 10). Fat/ rafraischir (id., ibid., II, lo). Voij voler (id., ibid., I, 6).

Fay lui enfler la voile et lui romp le repos.

(Id., Odes, préf. h. Henri II.)

L'exemple de repren l'aviron montre que, dans rendre et les analogues, la dentale peut tomber. Cf. § 53.

Comme à la première persoime du préseni, du parfait, du futur cl du conditionnel de l'indicalif, ou trouve aussi \'s :

FORMES GRAMMATICALES. 23î>

Entens, o prince, mon souci (Rons., Odes, I, 20).

Au pluriel, première personne, la terminaison est quelquefois on pour ons : avanson plus avant (Baïf, p. o). § 1 19. — Présent du subjunciif.

que je chante finisse

que tu chantes finisses

qu'il chante finisse

que nous ciiantons,chantions (-on,-ion) finissons(-on),-ssions(-ssion)

que vous chantez, chantiez finissez, -ssiez

qu'ils chantent finissent

parte

doive

rende

partes

doives

rendes

parte

doive

rende

piirtions

(-ion)

devions

(-ion)

rendions (-ion)

partiez

deviez

rendiez

partent

doivent

rendejit

§120. Le vieux français conjngiiail : qiiejeplore, que tu plores, qu'il plort; que je chant, que tu chanz (pour cAanfs), qiCil chant (pour c/uintt). Un souvenir de celle conjugaison archaïque est resté dans gard pour garde (troisième personne du singulier) : Dieu vous gatxV.

§ 12L l.a première et la seconde personne du pluriel du subjonctif dans la conjugaison à'aimer et de finr était au moyen âge en ons, ez, d'après le latin émus, dis; amus, atis. Les autres conjugîiii-ons avaient WHS.zez, d'après le latin camus , eatis ; iamus, îa^is.Vers le quinzième siècle, la première conjugaison commence às'assimiler aux autres; l'assimilation est achevécà la tindusiècle suivant. Voici des exemples du subjonctif en ons, ez : « Jésus- Crist a enduré pour nous, en vous délaissant l'exemple affin que imitez et ensuyviez ses vestiges » (sermon, de Jehan Lansperge, Ms. de la Bibl. nat. 2451, loi. 1, texte de la tin du quinzième siècle). Posé le cas que... V(ms trouvez (Rab. I, Prol.). Friront Bien que {vous) vivez (id., III, 3). A/'/în que par eulx vous faciez versure et de terre d\iultruy remplissez son fossé (Rab. lll, 3).

L'analdgie a étendu parfois ces formes à des verbes des autres conjugaisons : Afin que Ventendez (Marot, I, 344). Qu'importe qw nous tordons nos bras, pourvu que nous ne tordons point nos pensées (Monl., I. III, p. 200). Craindront que mourez (Rab., TIl, 3).

2i0 LA LANGUE FRANÇAISE AU XVI* SIÈCLE.

§ 122. — Imparfait du subjonctif.

que je chantasse chantasses chantast

chantassons (-ions) chantassez (-iez) chantassent

deusse

deusses deust

deussons (-ions) deussez (-iez) deussent

finisse

finisses

finist

finissons (-ions)

finissez (-iez)

finissent

partisse partisses partist

partissons (-ionsj partissez (-iez) partissent

rendisse rendisses rendist

rendlssons (-ions) rendissez (-iez) rendissent

§ 123. Le vieux français, trouvant la terminaison asse, asscs, etc., trop lourde, l'avait afl'aiblie, en isse, isses, etc.: que falUsse, que nous aliissions, etc. Au seizième siècle on a encore des exemples nooibreux de la terminaison en isse, à la première et à la deuxième personne du pluriel : Que vous ne m'importunissiez plus (Des Per., Cyrnb., Jll). Si je sçavoye que ne vous moquissiez poinst de moi (Grand Parang., 90). Alissions nous à tous les dyables (Rab., II, 9). Robert Eslienne ne connaît pas aimassions, aimassiez qu'il remplace par aimissions, aimissiez. Les exemples du singulier et de la troisième personne du pluriel sont rares. En voici un qui appartient à la fin du quinzième siècle :je ne le demandisse pas (Louis XI, Nouvelles, xtj).

§ 124. — Infinitif. Voir § 74.

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