Cominp l'italien
toujours l'article, môme quand il vient aprùs le substantif; les autres peuvent p<'rdre l'arlicle et même plus : Les plus sçavans et les plu!< gros de tous les parlemcns (Habelais. II, 10). Les plus riches et fameux marchands dumonde (itl., IV, 2). Du costé quelle est la plus pierreuse, la plus aspre et plus dangereuse (Amyot, Dion, 42). Vaciion la plus excellente et pure (Montaigne, I, 36).
§ 135. Articlk avec adjectifs indkfinis : Autre, tout'se passent volontiers de l'article. Soubs autre visHyi^ (Montaigne, I, 9). Il résolut d'essayer tousmoyens de parvenir (Amyot, Lucullus,{-i).Vous estimez la liberté et l'égalité sur toutes autres choses (id. Th&mistocle, 4). Un commun consentement de tous estais (Calvin, Inst.y prél'.)., cf. § 154.
Pour l'emploi de l'article avec les possessifs chacun et on, voir les sections \ I et IX.
[II. Déterminatifs.
§ 156. Cchd, celle qui, etc., présentent un emploi disparu aujourd'hui de la langue. Précédés de comme, ils prennent la valeur d'un pronom indéfini et répondent au latin ut pute qui ; Us marchaient in desordre comme ceux qui cuidoycnt bien estre hors de tout danger (Montaigne, I, 45J. Le verbe dépendant de cette expression peut être à une autre personne qu'à la troisième : comme celuy qui suis autant jaloux des droits de... (id., III, 2). Je le dis comme celuy qui y estois présent (Pasquier, Recherches, VII, Cj. De là cette tournure : Il n'y a celuy (c.-à-d. il n'y a personne) qui ne se vante qu'il en a grande quantité (Des Périers, Cymbalum, II), et cette autre : Je suis celui qui suis (Bossuet) ^.
§ 137. Le seizième siècle emploie souvent cela où nous mettons maintenant ce, et réciproquement. (Ils) enfewfironi a^sez gî<e cela que j'ay dictpour la deffcnce denostre langue (llu Bellay, lllustr., 1, il). De prendre cela qu'il avoif (Grand Parangon, 2J). Le logis est beau, monsieur, pour cela qu'il contient (Des Périors, Cymbalum, I). — La cause de ce faire (de faire cela) (Cahin, Instit. Préface). Outre ce (Montaigne, passim).
§ 138. L'impersonnel ce s'emploie dans la vieille langue et encore au seizième siècle plus volontiers que il, qui tend à dominer dans la langue moderne: C'estoit raison qn'd fust recompensé de sa longue patience (Marg., Hept.). Quand ce viendra que seray mort (Mont.)
1. On peut eu rapprocher la tournure | ris : n 11 fait celuiqui ne comprendpas. » usuelle dans le parler populaire de Ta- ( — i. Elle fuit celle qui est sourde. »
258 LA LANGUE FRANÇAISE AU XVl'^ SIECLE.
§ 1S9. Ce antécédent d'un relatif est régulièrement sous-eiilenduau seizième siùcle: Je ne sçais quecest{Sat.Mén., 1 15, etc.). Sans scavoir qu'ils faisoimt, tant ils estoient troublés (Amyot, Com.). Voilà qui vaut la succession des pères aux enfants (Calvin, htstit., IV, II, 3). Les Thebains... y envoyèrent aussi Pelopidas : qui fut sagement advisé à eux, d'y envoyer un tel personnage (Amyot, Pélop., 54). Tous se plaignent... non-seulemeiit le simple populaire... mais encores, qui est (ce qui est) plus estrange, les grands... {Charron, Sagesse, I, 36). Un reste de celte construction se retrouve dans qui plus est, qui mieux est, qui pis est.
§ 100. Ce n'est pas ce et le relatif que, mais ce et la conjonction que qu'il faut reconnaître dans les tournures suivantes. Ce que (c.-à-d. ce fait que, hoc quàd) tant de maisons gardées se sont perdues où reste-cy dure me fait soupçonner que... (Mont., II, 15). Outre ce que c'est blasphémer de lui en apparier nulle en vigueur (id.). A celte construction se rapporte la locution conjonctive cependant que usuelle au seizième siècle et dans la première moitié du dix-septième.