De ro(je et régis institulione. Tolcd
3. Jlichel de l'Hospital naquit en lyOS près d'Aiguepcrse (Puy-de-Dôme)
donner l'exemple de l'impartialité et de la modération ; cherchant à rétablir la concorde entre les protestants et les catholiques, à prévenir les violences des deux partis par de sages ordonnances, par des édits de pacification, il s'efforça de propager les sages doctrines, les principes d'équité et de toléranc e qui étaient la règle de sa conduite, en les exposant dans ses Mercuriales, Harangues et Remontrances, dans son Traité de la réformation de la justice qu'il a laissé inachevé, et surtout dans son célèbre Mémoire à Charles IX sur le But de la guerre et de la paix, le plus remarquable écrit qui soit sorti de sa plume. C'est là qu'il réclame hardiment la liberté des croyances religieuses. Les esprits et consciences des hommes, dit-il, 7ie peuvent estre ployez par le fer ny par ia famme, mais seulement par la raison qui domine les hommes. Malheureusement le style de l'Hospilal n'est point à la hauteur de ses généreuses pensées ;il est souvent diffus, traînant, embarrassé, et n'atteint que par moment la véritable éloquence.
On retrouve le mémo esprit de justice et de modération dans les Discoun politiques et militaires de la Noue^. Le capitaine protestant qui savait rendre hommage à l'IIospital et l'apelait notre Caton ^ royaliste sincère non moins que calviniste convaincu, réclame éloquemment dans ses Discours la fin des guerres religieuses. Pourquoi catholiques et protestants ne vivraient-ils pas librement en France, comme ils font en Suisse, comme les païens, les ariens^ les Juifs, les chrétiens vivaient sous l'empire romain ? Ces protestations ne sont pas seulement le cri de la conscience indignée; on y sent aussi la douleur du citoyen ému par les malheursqui accablent la France. LaNoue voit avec terreur les signes menaçants d'une dissolution prochaine, et il pousse le cri d'alarme. « La France s'en va peu à peu versant
et fit ses premières études de droit à Toulouse. Son père, médecin du connétable de Bourbon, ayant partagé la disgrâce de ce priuce, il acheva ses études en Italie. De retour à Paris, il fut successivement pourvu d'une charge de conseiller au parlement (1337), envoyé en mission au concile de Trente (1347-48), nommé chancelier du Berry, maître des requêtes (1333), surintendant des finances et premier président de la chambre des Comptes (1334). Dans ce poste, l'Hospital lit admirer sou intégrité, sa sévérité et sou dévouement aux intérêts publics. A la mort du ciiancelier de France Olivier, il fut appelé à lui succéder (1360) et publia ses or-
donnances d'Orléans (1560), de Moulin (1566), etc., qui réformèrent la législation française. Durant ces temps difficiles il joua le rôle de modérateur entre les partis qui divisaient le royaume. Victime de la haine des Guises, il dut quitter la cour en 156S. Il faillit périr au massacre de la Saint-Barthélémy (1372) et mourut de douleur (1373) de n'avoir pu empêcher ce crime. — Les œuvres de l'Hospital ont été publiés par Dufeye. 1824, 0 vul. in-8». Ou y remarque des poésies latines d'une versification élégante.
i . Le Lut de lu guerre et de la paix, t. II, p. 2tJ0.