Discovrs, t, ii
et est prochaine de faire une lourde clieute. » Qu'on se hâte de recourir aux remèdes. Le trouble et le découragement envahissent les Ames. La foi s'éteintetest remplacée parralhéisme et la superstition. Le pays est en proie à l'anarchie ; on ne voit qu'injustices, que violences envers les faibles; les gens du palais vendent leur conscience; les gouverneurs de province et de ville vivent d'exactions; les seigneurs tyrannisent le peuple ; les gens de guerre traitent leur patrie en pays conquis. La dissolution des mœurs vient achever la ruine de la France. Partout règne le relàcliement, la corruption, la licence la plus eifrénée, entretenue par une littérature pernicieuse. Pour guérir tant de maux, il n'existe qu'un remède: l'amour du pays, seul capable de triompher de l'égoïsme, de ramener le règne de la justice, la concorde des citoyens, le respect de la loi et de la religion. Tel est le vœu qui termine l'œuvre de la Noue : « Dieu veuille donner une si bonne paix à la France tant déchirée de ruines et destituée de bonnes mœurs, qu'elle puisse se renouveler en beauté, afin qu'elle ne soit plus la fable des nations, ains un exemplaire de vertu. » On voit que la Noue, suivant l'expression de Bentivoglio, maniait la plume aussi bien que l'épée. Son style est net, ferme, plein de vie; on y retrouve la vigueur et l'élévation de son caractère.
Le temps n'était pas loin où les principes del'IIospital et de la Noue devaient triompher. Les excès de la Ligue et les dangers qu'elle faisait courir au pays allaient donner une force nouvelle au groupe des Politiques, longtemps impuissants entre les fureurs des partis. Les Guises n'avaient point hésité à appeler l'Espagne à leur secours, Philippe il s'était empressé de répondre à leur appel, comiitant bien ajouter la France à son empire. Devant ce péril éminent, tout ce que la bourgeoisie renfermait d'hommes éclairés et de bons citoyens, catlioliques et prolestants, sans distinction de partis, les Pasquier, les Gillot, les Hapin, les Huraull, les Passerai, les du Vair, etc., viennent se serrer autour de Henri de Navarre en qui ils voient le défenseur de la monarchie et de la nation. Aux attaques furieuses des pamphlétaires et des prédicateurs de la Ligue répondent des écrivains dont le talent est inspiré par le patriotisme et l'amour de la justice. « Ceux-là firent des merveilles, dit d'Aubigué, et estoient lus par délice, mesmes de leurs ennemis*. «