‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 222 sur 725 · Fioute · texte numérisé non relu

Fioute

dernier es(age du logis et le plus esloingné de la voulte céleste, avecques les nnimaulx de la pire condition des Irois ' ; et se va plantant, par imagination, au dessus du cercle de la lune, et ramenant le ciel soubs ses pieds. C'est par la vanité de cette mesme imagination, qu'il s'eguale à Dieu, qu'il s'attribue les conditions divines, qu'il se trie soy mesme, et sépare de la presse ^ des aultres créatures, taille les paris aux aultres animaux ses confrères et compaignons et leur distribue telle portion de facultez et de forces que bon luy semble. Comment cognoist il, par l'effort de son intelligence, les bransles ^ internes et secrets des animaulx? par quelle comparaison d'eulx à nous conclud il la beslise qu'il leur attribue? Quand je me joue à ma ébatte, qui sçait si elle passe son temps * de moy, plus que je no fois «d'elle?

{Essais, II, xii; A2:)ologie de Raymond Sebonde ; 1. II, p. 173, 177.)

Page 1