‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 251 sur 725 · Souiller · texte numérisé non relu

Souiller

voyer vers le roy d'Espagne des ambassadeurs qui luy nommeroicnt pour Roy de Franco, un prince auquel il donneroit l'Infante en mariage. Voilà, messieurs, Testai où soni les ad'aires. Je voy vos visages pallir et un murmure plein d'estonnement se lever parmy vous et non sans cause : jamais peut estre il ne s'ouyt dire que si licentieusement, si ellrontement on se jouast de la fortune d'un si grand et puissant Royaume, si publiquementon Iraflicquast d'une toile couronne, si impudemment on mist vos vies, vos biens, vostre honneur, vosire liberté à l'enchère, comme l'on faict aujourd'liuy; et en quel lieu ? at^ cœur de la France, au conspect ^ des loix, et à la veue de ce Sénat; afin que vous ne soyez pas seulement participans, mais coupables de toutes les cnlamitez que l'on ourdit à la France. Resveillez-vous donc, messieurs, et desployez l'aulhorité des loix desquelles vous estes gardiens.

{Suasion de l'arrest donnée au parlement pour la manutention de la loy salique. — Œuvres complètes de Du Vair, éd. in-folio de 1641, p. COl-607.)

SATYRE MENIPPEE

Nous donnons dans notre Tableau de la Littérature au xvi* siècle (section I, cli. )h), l'iiistoire et l'analyse de ce pamphlet, admirable parodie des États généraux de la Ligue que Mayenne convoqua le 10 février 1593 pour l'élection d'un roi. Nous parlerons ici seulement des auteurs de la Ménippée -.

Jacques Gillot, conseiller clerc au Parlement de Paris en 157.3, réunissait chez lui des amis, Pierre Le Roy, Nicolas Rapin, Passerai, Pithou, Florent Chrestien. C'est dans ces réunions que fut jeté le plan du pamphlet, dont chacun de ces écrivains composa une partie. Comme il contient des pièces de vers et de la prose mêlées, ils lui donnèrent le nom de Safijre M'^nipp'''e, h l'imitation des satires en vers et en prose que composait le philosophe grec Ménippe. On doit à Gillot la harangue écrite dans un mélange d'italien bouffon et de latin macaronique qui est mise dans la bouche de Monsieur e Légat.

De Pierre Le Roy, on ne sait à peu près rien. De Thou dans son Histoire vante sa probité et sa modération. Il était chanoine de Rouen; on lui attribue l'idée du pamphlet, le cadre do l'ouvrage et la rédaction do la première partie de la Ménippée.

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