Ce qu'on peut prendre avee la lèvre [lippe), bouchée
ÉCRIVAINS POLITIQUES. — SATYRE MENIPPEE. b3
d'Espagne en celle du roy d'Angleterre. Vous y voyez noslre crédulité et simplicité, suyvies de ruynes et désolations, et de saccagemenis de villes et fauxbourgs, tels qu'avons veu et voyons tous les jours sur nous et sur nos voisins. Le bien public estoit le charme et ensorcellement qui bouchoit l'aurellle à nos prédécesseurs : mais l'ambition et la vengeance de ces deux grandes maisons en estoient la vraye et primitive cause, comme la fin le découvrit....
{Id.; pages 126 et suiv. ; 184, 185; 191 et suiv. '.)
1. La Satire Ménippée contient des pièces de vei's en latin et en français. Voici quelques pièces françaises.
De Montfaucon et des Seize de Paris-, A chacun le sien, c'est justice :
A Paris, seize quarteniers 1 :
A Montfaucon, seize piliers.
C'est à chacun son- bénéfice.
Sur les doubles croix de la Ligue.
Mais, dites-moi, que signifie Que les ligueurs ont double croix ?
C'est qu'en la Ligue on crucifie Jesus-Christ encore une fois 2.
De l'élection du duc de Guyse S.
La Ligue, se trouvant camuse Et les ligueurs bien estonnez, Se sont advisez d'une ruse, C'est de se faire un roy sans nez.
Response pour le duc de Guyse.
Le petit Guisard fait la nique A tous vos quatrains et sonnets ; Car estant camus et punais.
Il ne sent point quand on le pique.
A mademoiselle ma commère sicr le Irespas de son asne *►.
Depuis que la guerre enragée Tient nostre muraille assiégée Par le dehors, et qu'au dedans Ou nous faict allonger les dents Par la faim qui sera suivie D'une autre fin de nostre vie, Je jure que je u'ay point eu Douleur qui m'ait tant ahbatu, Et qui m'ait semblé plus amere, Que pour vostre asne, ma commore !