‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 28 sur 725 · Voir aux Morceaux choisis, p · texte numérisé non relu

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tassent celui d'histoire pour la vérité qui y est contenue. Cette œuvre donc d'une après-dînée ira vers vous comme les petits ours en masse lourde et difforme pour y recevoir sa formation; c'est un chaos duquel vous avez déjà tiré la lumière; il reste l'œuvre de cinq ou six autres journées. » L'ouvrage ne justifie pas ce que l'auteur nous promet. L'exactitude, et, l'on pourrait dire, la sincérité y font trop souvent défaut. Ce ne sont point des révélations curieuses sur la cour des Valois, des confidences naïves sur elle-même, ou des observations piquantes sur les personnages qu'elle a connus. Marguerite raconte des faits extérieurs d'une importance secondaire, voyages, fêtes, cérémonies, etc., ou elle ne parle d'elle-même que pour se montrer au lecteur sous le jour le plus favorable. Quant au style, il a de la grâce et de l'élégance, avec une nuance de recherche où l'on sent l'influence de la Pléiade.

Quittons la biographie et l'anecdote pour revenir à l'histoire*.

La. Chronologie novenaire (lo8fl-lo9S)etla Chronologie septénaire (Io98-i603) de Pierre Victor Palma Cayet^, sont riches en documents sur la fin du seizième siècle. La Chronologie novenaire spécialement est un chef-d'œuvre de science, et l'abondance des faits instructifs que l'auteur y a rassemblés avec une patience infatigable en fait une œuvre capitale pour l'historien. Mais le style en est diffus et traînant.

Jean de Serre, le frère du célèbre agronome Olivier de Serre, né à VilIeneuve-de-Berg vers 1340, mort à Genève le 31 mai 1398, historiographe de Henri IV en Jo97, publia des Mémoires sur la troisième guerre civile (1568-69) et une Histoire détaillée des guerres de religion de lo57 à 1370, dont l'historien de Thou faisait le plus grand cas ^. Il faut également louer son Recueil des choses mémorables advenues en 'France sons le régne de Henri II, François II, Charles IX et Henri III '*. Nous parlerons plus loin de sa grande histoire, connue sous le nom à' Inventaire général de l'histoire de France.

Les B.egistres-jouniaux de Pierre de l'Estoile^, sont une mine

1. Nous laissons de côté des Mémoires importimts, mais pour l'iiistoire seulement, tels que ceux de Sancy, de La Curée, de Cheverny, etc. Ici encore nous ren'voyons aux Collections de Petitot et de Michaud et Poujoulat.

2. Chronologue attitré de Henri IV, catholique couverti au protestantisme et revenu à l'Eglise (1593) après l'aljjuration du roi au milieu du mépris et des protestants et des catiioliquts.

3. Ajoutons encore des Commentarii de statu Religionis et Reipuhlicx in rcgno Gallix. Genève, 1371-72!-73-77. Leyde, IbSO, 5 vol. in-8.

4. Genève, 1595. Réimprimé en 1598 et 1003 sous le titre de Histoire des cinq rois, in-S ; le règne de Henri IV est ajouté. Toutefois, comme l'ouvrage est anonyme, ou en conteste l'attribution à Jean de Serre.

y. Né à Paris en la46, mort en 1611.

AUTEURS DE MEMOIRES

inépuisable de renseignements historiques sur les règnes de Henri III et de Henri IV. Grand audiencier de la chancellerie de France, Pierre de l'Estoile profila des nonabreuses relations que cette situation lui procurait pour se mettre au courant de toutes les particularités curieuses de son temps. Il se défît de sa charge atin de se livrer en toute liberté à son goût pour les curiosités historiques. Il enregistra, depuis lb74 jusqu'à sa mort, tout ce qui parvenait à sa connaissance. Dans ces notes écrites au jour le jour, on voit se succéder sans aucun plan suivi les faits relatifs à la vie privée de TEstoile et ceux qui intéressent l'Etal, les nouvelles du jour, procès, accidents, événementspolitiques, événementslittéraires, pamphlets, pièces de vers, chansons, détails sur les mœurs et usages de l'époque, curiosités, monstres, spectacles, anecdotes, scandales, le tout écrit dans un style animé et facile, entremêlé de réflexions vives, piquantes , où la finesse et la malice se cachent sous la bonhomie ^ Ces registres-journaux sont l'œuvre d'un homme consciencieux, équitable, dévoué au bien public, d'une candeur et d'une probité rares et d'un esprit indépendant.

La correspondance diplomatique et politique de Duplessis- MoRNAY^ est d'une haute importance pour l'histoire du temps. On y admire le talent et l'activité de ce serviteur dévoué qui, le lendemain du jour où il a combattu à côté de Henri IV, prend la plume pour s'occuper de l'administration du royaume de Navarre, pour dénoncer à l'Europe les intrigues des Guises et de Philippe II, pour nouer de tous côtés des alliances, amener la jonction de Henri de Bourbon avec Henri 111, agir sur les esprits par la persuasion et reconquérir au roi l'opinion publique, s'effaçant toujours devant son maître et lui faisant signer plus d'une fois les lettres admirables qu'il ^crit. Rien de plus aimable que sa correspondance familière où il se montre tel que nous le représentent les mémoires de Madame Di/pZess/s (de 1 549 à 1606), dévoué, affectueux, simple et grand.

Duplessis Mornay nous conduit à Sully, le grand ministre de Henri IV; ses Mémoires ont paru sous le titre suivant :

Les sages et royales œconomies domestiques, politiques et militaires de Henri le Grand, le prince des vertus, des armes et des lois, et le père en effet ^ de ses peuples français;

Et des servitudes utiles, obéissantes, convenables, et administra-

i . Publiés partiellement dans les collections des Mémoires de Petitot et Michaud. L'éditeur Lemerre a commencé la

publication de l'œuvre complète, 187o.

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