Marie Stuart devant ses juges
L'Arrest et la Commission estans leus, elle se levé sur pieds, et en présence des Comtes et deux ou trois cens personnes qui esloient dedans la sale, d'une -voix forte et hardie, elle flt en ces termes le procez à ceux qui avoient fait le sien :
« Milords, jesuis Royne née, non sujecle à vos loix, douairière de France, présomptive héritière d'Angleterre, qui, après avoir esté détenue dix-neuf ans prisonnière, contre tout droit divin et humain, par celle vers laquelle je m'estois réfugiée commeà l'anchre de ma seurté', sans avoir ^ aucune Jurisdiction sur moy, et sans que l'on m'ait receuë en mes jusiitications, l'on m'a^ condamnée à morl pour avoir voulu '^ entreprendre sur sa vie : chose à quoy je ne pourpensay^ jamais. Et de ce je ne demanderay pardon à Dieu, devant lequel je vais rendre raison de mes actions, lit quand je l'aurais fait, dictes moy, je vous supplie, si je n'avois suject de le faire ? Je sui\ ray l'ordre des temps, et commenceray par ma prison. Sous quel litre me déteniez vous prisonnière? Estoit-ce comme voslrc sujecle ? Il n'y a homme des voslres qui fust si ozé de le dire. Geste prison esloit-