Au roy, pour avoir esté dérobé
On dict bien vray, la maulvaise Fortune Me vient jamais, qu'elle n'en apporte une', Ou deux, ou trois avecques elle (Syre), Vostre cueur noble en sçauroit bien que dire ~ : Et moy chetif, qui ne suis Roy, ne rien, L'ay esprouvé. Et vous compteray ^ bien, Si vous voulez, comment vint la besongne *.
J'avoys un jour un Valet de Gascongne, Gourmand, Yvrongne, et asseuré Menteur ^ Pipeur, Larron, Jureur, Blasphémateur, Sentant la Hart de cent pas à la ronde, Au demeurant, le meilleur filz du Monde...
Ce vénérable Ilillot ^ fut adverty De quelque argent, que m'aviez departy \ Et que ma bourse avoit grosse apostume " : Si^ se leva plustost que de coustume, Et me va prendre en tapinoys icelle :
Puis la vous meit tresbien soubz son esselle *•: Argent et tout (cela se doit entendre), Et ne croy point, que ce fust pour la rendre, Ccir onques puis n'en ay ouy parler.
Bref, le Villain ne s'en voulut aller Pour si petit " : mais encor il me happe Saye ^'\ et bonnet, cbausses, pourpoint et cappc, De mes habits (en efTect) il pilla Tous les plus beauk : et puis s'en habilla Si justement 'S qu'à le veoir ainsi eslre, Vous l'eussiez prins (en plein jour) pour son maistre.
Finablement,de ma chambre il s'en va Droict à l'estable où deux chevaulx trouva :