‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 452 sur 725 · Conseils de Jean Marot à son fils · texte numérisé non relu

Conseils de Jean Marot à son fils

Me souvient, quand sa mort attendoit ',

Qu'il me disoit, en me tenant la dextre * : Filz, puisque Dieu t'a faict la graco d'eslre Vray héritier de mon peu de sçavoir, Quiers en ^ le bien qu'on m'en a faict avoir : Tu congtiois comme user en est décent ^. C'est un sçavoir tant pur, et innocent. Qu'on n'en sçauroit à créature nuyre.

Par preschemens le peuple on peult séduire : Par marchander, tromper on le peult bien : Par plaiderie on peult manger son bien : Par médecine on peult l'homme tuer :

Mais ton bel art ne peult lelz coups ruer '' , Ains * en sçauias meilleur Ouvrage tistre '. Tu en pourras dicter Lay '"ou Epistre, Et puis la faire à tes Amys tenir, Pour en l'amour" d'iceulx l'eiitre[fe]nir.

Tu en pourras traduyre les volumes Jadis escripts par les diverses plumes Des vieul.v Latins, dont tant est mention.

Apres tu peulx de Ion invention Faire quelque Oeuvre ù jecter en lumière : Dedans lequel'^ en la fueille première Dois invoquer le nom du tout puissant : Puis descriras le bruyt resplendissant De quelque Hoy, ou Prince, dont le nom Rendra ton Oeuvre immortel de renom Qui te sera, peult estre, si bon heur i*, Que le prouftit sera joinct à l'honneur.

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