‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 491 sur 725 · L'Idée · texte numérisé non relu

L'Idée

Si nostre vie est moins qu'une journée

En l'éternel ^, si l'an qui faict le tour

Chasse noz jours sans espoir de retour,

Si périssable est toute chose née, Que songes-tu, mon ame emprisonnée ?

Pourquoy le plaist l'obscur * de nostre jour,

Si pour voler en un plus cler séjour,

Tu as au dos l'aile bien empennée?

Là est le bien que tout esprit désire.

Là, le ropos ou tout le monde aspire,

Là est l'amour; là, le plaisir encore : Là, ô mon ame, au plus hault ciel guidée,

Tu y pourras recognoistre l'Idée *

Delà beauté qu'en ce monde j'adore.

{L'Olive et autres œuvres poétiques, sonnet cxni ; éd. Morel, feuillet a, Paris, 15(58 ; cf. l'éd. Marty-Laveaux, tome I, p. 137.)

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