Ces noms cachent des personnages
réels. Eutrapel est Noël du Fail, Polygame son frère aîné François, Lupolde son ancien iirûei.'pIcMir et son intendant.
Noël du Fail donne à son frère le nom de Polygame, parce fiu'il était marié en secondes noces.
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un peu crue, vivant et parlant sans contrainte; Lupolde, procureur, rompu ;\ ta chicane, habile à dissimuler ses sentiments et ;\ sauver les apparences, honuiîfe assurément, mais préférant les voies détournées; Polygame, sage et réfléchi, droit et simple, blâmant à la fois les subtilités artificieuses de Lupolde et lesemportoments et la franchise brutale d'Eutrapel. Dans ces écrits, Noël du Fait porte une critique railleuse et souvent mordante. Il s'attaque aux abus du temps; toutefois le magistrat au parlement de Rennes n'est pas un révolutionnaire, et si son humeur sarcastique ne ménage ni l'Église ni la justice, il sait aussi, contre les attaques des réformés, défendre les vieilles traditions et les croyances de sa race. L'Epistre de Polygame à un gentilhomme contre les athées et ceux qui vivent sans Dieu * est une véritable apologie, critique et historique, de la religion chrétienne.
Jacques Tahureau, le jeune poëtemortà vingt-huit ans (looo), a laissé deux dialogues satiriques iton moins profitables que facétieux où les vices de chacun sont repris fort ûprement pour nous animer davantage à les fuir et à suivre la vertu -. Deux personnages, Democritic et Cosmophile, discutent sur les mœurs du temps, ou, pour parler plus exactement, Democritic, qui tient le dé de la conversation, donne un libre cours à ses invectives contre les femmes, les amoureux, les gens de cour et leur affectation d'italianisme, les avocats, les médecins, les alchimistes, les philosophes, et conclut par ces sages paroles : «Heureux celui duquel l'espérance est au nom du Seigneur Dieu, et qui ne s'est point arrêté aux vanités des fausses rêveries du monde.» La critique de Tahureau est amère ; on y sent le caractère tranchant de la jeunesse ; le vague et la généralité des accusations donnent au tondu dialogue un caractère marqué de déclamation. La langue de l'écrivain est franche, correcte, ennemie des néologismes et de ces termes nouveaux» du tout esloingnés du vulgaire. »
En I008 paraissent les Contes de la reine de Navarre et les Joyeux Devis de Desperiers. Le recueil des Contes a été publié sous le titre de Eeptnméron ^. Le cadre en est fort simple : des voyageurs retenus dans les Pyrénées par le débordement des eaux cherchent à charmer par desrécits les ennuis de l'attente. Les contes, plus ou moins libres, qui rappellent les mœurs fa-