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Laboureur. vers le seizième siècle

Comme il lesalloit cueillant.

Une avelte sommeillant Dans le fond d'une fleurette, Luy piqua la main tendrclte.

Si tost que piqué se vit, « Ah ! je suis perdu, » ce dit ; Et s'en-ccurant vers sa more, Luy monstra sa playe amore :

« Ma mère, voyez ma main, »

Ce disoJt Amour, tout plein De pleurs, « voyez quelle enflure M'a fait une esgratignure ! «

Alors Venus sesourit* Et en le baisant le prit, Puis sa main luy a souflée^ Pour guarir sa plaie enflée.

« Qui t'a, dy-moy, faux garçon ^ Blessé de telle façon?

Sont-ce mes Grâces riantes.

De leurs aiguilles poignantes ? »

— « Nenny, c'est un serpenteau, Qui vole au printemps nouveau Avecqucs deux ailerettes

Çà et là sur les fleurettes. »

— « Ah ! vraiment je le cognois.

Dit Venus; les villageois

De la montagne d'Hymetle Le surnomment une avetle.

« Si doncques un animal Si petit fait tant de mal.

Quand son halesne^ espoinçonnc" La main de quelque personne,

« Combien fais-tu de douleurs Au prix de luy, dans les cœurs De ceux contre qui tu jettes Tes homicides sagettes ®. »>

(W., ihicL, ode xiv;— tome II, p. 270.)

{. Sourit. I 5. rique.

2. A soufflé sur sa main. ! 6. Imitation d'Anacréon. Voir plus bas

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