Méchant enfant. p. 2S7 une autre imitation due à Baïf et
4. Alêne, trait. On dit encore Yaltne p. 233 la traduction que R. Bollcau a des cordonniers. 1 donnée de l'ode grecque.
•220 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVI* SIÈCLE. 8. Evocation.
Lors, en tirant de sa gaine yvoirine Un long couteau, le cache * en la poitrine De la victime, et le cœur luy chercha. Dessus sa playe à terre elle broncha En trépignant ; le sang rouge il amasse Dedans le creux d'une profonde tasse, Puis le renverse en la fosse à trois fois, L'espée au poing, priant à haute voix La royne Hécate et toutes les familles Du noir Enfer, qui de la Nuict sont filles, Le froid abysme et l'ardent l'hlegeton, Slyx et Cocyt', Proserpine et Pluton, L'Horreur, la Peur, les Ombres, le Silence, Et le Chaos, qui fait sa demeurance Dessous la terre, en la profonde nuit.
Voisin d'Erèbe, où le soleil ne luit.
H achevoit, quand un effroy luy serre Tout l'estomac*; un tremblement de terre, Se crevassant par les champs, se fendit; Un long aboy des mastins s'entendit Par le bocage, et Hyante est venue Comme un esprit affublé d'une nue.
« Voicy, disoit, la déesse venir.
Je sens Hécate horrible me tenir ; Je tremble toute, et sa force puissante Tout le cerveau me frappe et me tourmente. Tant plus je veux alenler*son ardeur.
Plus d'aiguillons elle me lance au cœur, Me transportant'*, si bien que je n'ay veino Ny nerf sur moy, ny ame qui soit saine. Car mon esprit, qui le dœmon reçoit.
Rien que fureur et horreur ne conçoit. »
Plus que devant " une rage l'allume ; Elle apparut plus grand' que de coustume; De tc^ste en pied le corps luy frissonnoit, Et rien d'humain sa langue ne sonnoit *.
[La Franciade, chant IV; — tome III, p. 124.)