Uecherches, VUI
a. Voir la curieuse préface de l'édi-
tion d'Anvers, d551.
4. «Néanmoins la mémoire en semble aujourd'Iniy esvanouie. » {Id., ibid.)
TRADUCTEURS. 67
porli^rent do nombreux manuscrits bientôt popularisés par rimprimerie naissante. Des érudits, Guillaume Hudé, les Estienne, les Scaliger, les Casaubon, Muret, etc., entreprirent ces grandes éditions des écrivains grecs et latins qui font encore l'admiration d'une critique plus méthodique peut-être, mais ni plus ingénieuse, ni plus savante ; ou ils composèrent ces travaux de haute érudition qui firent époque dans la science de l'antiquité; Budé écrivit ses Commentarii lingux latinx ; Robert Estienne son Thésaurus Ungiix latinseel son Dktionarium latinogallkum ; Henri Estienne son admirable Thésaurus liiiguse graecœ ; Joseph Scaliger son Opiis de emenclatione tem-porum, son Thésaurus temporum, etc.
Quelqu'influence que ces travaux aient exercée sur le progrès des esprits en France, comme ils ont eu surtout pour objet les lettres anciennes et qu'ils n'ont point été écrits dans notre langue, nous ne devons point nous y arrêter.
Nous ne pouvons non plus nous arrêter longtemps sur les écrivains qui ont eu pour but de faire connaître les œuvres anciennes par des traductions en français; les traductions abondent au seizième siècle, mais elles sont pour la plupart médiocres, et sans intérêt. Un très-petit nombre de ces traducteurs font preuve de talent, et un seul se montre écrivain éminent.
Claude de Seyssel', d'après les traductions latines que les savants d'Italie publiaient à la fin du quinzième siècle, ou, à défaut de ces traductions, en s'aidant du concours de Lascaris, traduit Diodore, Xénophon, Justin, Appien dans une langue traînante qui ne manque pourtant ni de netteté ni d'élégance. La traduction de Thucydide est manquée : la langue de Seyssel ne pouvait convenir au style concis et serré de l'historien grec.
Lefèvre d'Eïaples^ donne, dans son français naïf et un peu rude, mais qui n'est pas sans charme, d'abord les Evangiles (1523), puis la Bible entière (i528-lo30).
Pierre Saliat, bien servi par la langue et par l'auteur qu'il choisit, rend avec assez de bonheur l'abondance naïve et gracieuse d'Hérodote 3.
Etiexne Dolet 4 s'exerce dans notre langue en traduisant XAxiochus et l'Hipparquc de Platon, les Lettres et les Tusculanes