‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 533 sur 725 · Latinisme [mdlus sentivit), pour nul ne sentit · texte numérisé non relu

Latinisme [mdlus sentivit), pour nul ne sentit

Puis, assez loin ses compngnes

Parmi les verdos campagnes

Gardoyentleur Iroupeau petit.

Hà, trop cruelle advenfure !

Hà, mort trop fiere ' et trop dure;

Et trop cruel le flambeau

Sacré pour son hymenee,

Qui l'attendant, l'a menée

Au lieu du lit, au tombeau ^ t Et vous, Nympbes fontainieres,

Trop ingrates et trop fieres

Qui ne vinstes au secours '

De ceste jeune bergère Qui, faisant la ménagère,

Noya le fil de ses jours.

Mais en souvenance bonne De la bergère mignonne, Esmeus de pitié, les Dieux En ces pierres blanchissantes De larmes tousjours coulantes

Changent l'émail de ses yeux *

Pierre tousjours larmoyante, A petits flots ondoyante, Seurs tesmoins ^ de ses douleurs; Comme le marbre en Sipyle ^ Qui se fond et se distille

Goutte à goutte en chaudes pleurs

Et pour le cours de ceste onde '^ La pierre n'est moins féconde * Ny moins grosse, et vieillissant Sa pesanteur ne s'altère ; Ains' tousjours demeure entière Comme elle estoit en naissant.

{Les pierres précieuses ; — t. III, p. HQ.)

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