‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 534 sur 725 · J.-A. DE BAÏF · texte numérisé non relu

J.-A. DE BAÏF

Jean Antoine de Baïf, fils de Lazare Antoine de Baïf, d'une ancienne famille de l'Anjou, naquit au mois de février 1532 h Venise où son père, protonotaire de François I*"', était depuis deux ans ambassadeur. De retour en France en 1533, celui-ci le confia aux professeurs les pluséminents du 'temps, Charles Estienne, Ange Vergece, Tuson, et plus tard Daurat. Sous ce dernier maître, Jean eut pour condisciple Ronsard, dont l'influence le poussa vers la poésie. La mort de son père en 1547 le laissa i\ la tête d'une fortune assez considérable pour assurer son indépendance et lui permettre de se consacrer aux lettres. En 1551, le jeune membre de la Pléiade publie des quatrains, traduits de distiques latins, composés pour le tombeau de Marguerite de Valois'. En 1552, il donne le Ravissement d'Europe et \q?, Aomurs de Méline que suivent en 1555 les Amours de Francine, recueils de sonnets et de chansons d'amour. Quelques années après, il part en Italie où on le retrouve en 1503 au concile de Trente. De retour en France, il traduit VAntigone do Sophocle et ÏEunugue de Tércncc (15C5). Deux ans après il fait représenter la Brave, comédie imitée de Plaute, et la même année publie le premier livre des Météores. Il se voit un moment dépouillé de ses biens par les Huguenots ; mais les largesses de Charles IX et la charge de secrétaire du roi réparent les brèches de sa fortune.

C'est vers cette époque que Baïf conçoit l'idée d'introduire dans la poésie française la métrique ancienne et de simplillcr l'orthographe en écrivant comme on prononce. La pensée d'unir intimement la musique et la poésie semble avoir inspiré cette tentative. C'est aussi dans cette vue, qu'il conçut la création d'une sorte d'Académie do musique et de poésie. Autorisée par lettres-patentes de Ciiarles IX (novembre 1570), elle fut installée en 1571 dans la maison de Baïf, rue des Fossés-Saint- Victor et subsista une vingtaine d'années. En 1573, Baïf donna une édition complète de ses œuvres en quatre volumes sous les titres de Poèmes, Atnours, Jeux et Passe-temps ; an 1574, il publia ses Elrennes de poésie française imprimées suivant le système orthographique de jRamus; et en 1570, deux livres do Mimes. Les dernières années de sa vie furent tristes ; épuisé par une longue maladie, il traîna pendant plusieurs années et mourut h. 58 ans en 1589, laissant de nombreuses œuvres inédites. Les plus importantes sont des traductions de Psaumes on vers français mesurés et en vers rimes ; et trois livres de chansonnettes en vers mesurés. Parmi les œuvres perdues, on cite les traductions do la Méfiée d'Euripide, des Trachiniennes de Sophocle, du Plutus d'Ai'istophanc et do lHéuutontimoruomenos de Térence.

1. Le tombeau de Marrjuerite de [ rcmcnt en distiques latins par les trois Valait, royne de Navarre, fuict premiè- | princesses en Angleterre, depuis traduits

M. Becq do Fouquièrcs a donné en 1874 un excellent choix des poésies do Baïf, précédé d'une fort intéressante introduction (1 vol. in- 12, Charpentier).

Voir sur Baïf notre Tableau de la littérature française au xvi* siècle (section II, ch. ii).

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