‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 56 sur 725 · Voir plus loin, scct. II, ii · texte numérisé non relu

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b. « C'est à lui du moins que Du Verdier attribue cette première traduction anonyme. » (Sainte-Beuve.)

70 LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU XVr SIÈCLE.

pins fard Rourlier (1SG6) firent passer le théâtre complet en notre langue. En 1565, paraît la remarquable traduclion en vers de VAndrienne, attribuée sans raison probante à B. des Périers.

Les traducteurs de l'École de Ronsard ont plutôt des visées littéraires. Ronsard inaugurait le nouveau théâtre avec sa traduction aujourd'hui perdue du Plutus d'Aristophane. Les Odes anacréontiques que Henri Estienne avait publiées en 1544, d'après un manuscrit qu'il venait de découvrir, furent traduites par Rkiii Belleau (1556) dans des vers un peu secs, mais dont la concision n'est pas sans grâce; et par Bégard (1559) dont les rudes vers prosaïques n'ont pas fait oublier ceux de Belleau. Plusieurs odes d'Anacréon d'ailleurs furent imitées par Ronsard, Baïf, 0. de Magny, J. Tahureau, Vauquelin de la Fresnaye, qui y prirent des inspirations diversement heureuses ^

En 1574, Amadis Jamyn, reprenant l'œuvre de Salel, publie la traduclion enalexandrins des œuvres homériques, et cette traduction est saluée avec enthousiasme par la Pléiade ; Vâme d'Homère a passé dans celle de Jamyn itour interpréter les vers que dictait Jupiter au poète grec ^. Toutefois cette traduction est bien inférieure à celle que Salomon Ceston a donnée de toutes les œuvres homériques (1604-1615). Cette dernière est exacte et parfois poétique ; et il y a tels morceaux du poëte grec qui sont rendus avec un réel talent. La prière de Priam à Achille par exemple est supérieure à la traduction qu'en a essayée Voltaire ^.

En 1567, A. de Baïf fait jouer à l'hôtel des Guises son Brave ou Tailkhras, remarquable traduction du Miles gloriosus de Plante, et il donne en 1574- VEvnuque de Térence et VAntigone de Sftphocle. La dernière de ces deux pièces surtout est remarquable par la facilité et l'exactitude de la traduction, dont la langue tour à tour simple et élevée, familière et noble, reproduit souvent avec bonheur le mouvement de l'original. Le mCme Baïf s'inspire dans ses Mimes des sentences de Théognis que traduit Nicolas Pavillon en 1578, et des Œuvres et Jours d'Hésiode, dont Lambert d'Aneau en 1571 avait donné une version incorrecte et scrvile.

En 1549, J. du Bellay, dans sa Défense de la langue françoise, se plaignait que les poi'tes s'exerçaient trop aux traductions et les

i. Voir rint(!rcsi=antc dfude de Sainte- 1 Blanclinniain, t. II, p. -178). 'Bc\i\(\, Aiwcri'on ou XVI' siccte. 3. V.'^^vr, Mémoires de littérature an-

2. Voir Hoiisard, Odes pour Amadin I cicnne, Vil. Jamyn sur sa traduclion d'Homère [éd.

TRADUCTEURS

engageaient à s'inspirer du moins des anciens dans des imitations qui restassent originales. Si la pléiade suivit en partie ce conseil, on voit par notre énumération incomplète que le goût des traductions se maintint vif encore durant la seconde moitié du seizième siècle.

A côté de ces érudits qui s'efforcent d'enrichir la France des dépouilles de l'antiquité, il en est d'autres dont les travaux ont pour but de mettre en lumière les origines de nos institutions, de nos mœurs, de notre littérature, de notre langue.

De tSOO à 1513 Jean le maire des Belges * publia les trois livres de ses Illustrations des Gaules et singularitez do Troie. Cet ouvrage eut un immense succès, dû à la science et au mérite de l'auteur. Mais sa vaste érudition, son talent d'écrivain étaient mis au service des théories les plus étranges : dans ce livre étaient résumées pour ainsi dire les erreurs accumulées depuis plusieurs siècles sur nos origines-.

Dès le septième siècle, les Francs avaient accueilli des traditions l'abuleuses qui rattachaient leur origine à celle des Romains *. Peu à peu s'était accréditée la légende * d'après laquelle des Troyens conduits par Francio, petit-fils de Priam, étaient venus s'établir enire le Rhin et le Danube, et avaient pris le nom de Francs^.

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