‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 561 sur 725 · Chant d'amour · texte numérisé non relu

Chant d'amour

C'est donc, Amour, par toy que les bois reverdissent, C'est par toy que les blés es ^ campagnes jaunissent, C'est par toy que les prez se bigarrent de fleurs ; Par toy le doux Printans, suivi de la Jeunesse, De Flore et de Zephyre, étale sa richesse Peinte diversement de cent mille couleurs ^. ■»

Nos ancestres grossiers, qui vivoientaux bocages ^, Hideux, velus et nus comme bestes sauvages, Errans deç i delà sans police et sans loyx, Se sont, par ton moyen, assemblez dans les villes, Ont policé leurs mœurs par coustumes civiles. Ont fait les déitez, se sont esleu des roys.

Les lettres et les arts te doivent leur naissance. Tu nous as fait aimer la coulante éloquence, La haute astrologie et la justice aussi; l\lesme encor à présent l'accord de la musique. En te reconnoissant *, languist melancholique ^, S'il ne plaint la rigueur de ton poignant souci ®.

Tout rit par où tu pa? s, et ta veuë amoureuse, Oui brûle doucement, end toute chose heureuse ; La grâce, quand tu marche, est tousjours au devant ''; La volupté mignarde en chantant t'environne, Et le seing dévorant qui les hommes talonne, Quant il te sent venir, s'enfuit comme le vent.

Par toy le laboureur, en sa loge^ champestre. Par toy, le pastoureau, menant ses brebis paistre, Se plaist en sa fortune et bénit ton pouvoir. Et, d'une vilanelle^, en chantant, il essaye D'amolUr Galatée et de guarir sa plaie,

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