Pulvis es et in pulvercm reverteris
{Genèse, 11,19.) U. Cavernes, retraites. Il semble qu'il faille corriger ses en tes.
Et faittes retentir son nom parmy vos ondes Gouffres qui vomissez mille mers en la mer.
Foudroyans traits de feu que son ire* décoche, Quand faisant icy bas mille flammes plouvoir Elle tranche en fureur la teste à quelque roche, D'une tonnante voix haut loiiez son pouvoir.
Fay-le bruire aux torrens des valons que tu laves, jSeige qui vesls- les monts d'un blanc et froid manteau : Et toi, gresle polie, et toy glace qui paves * Au* pesant chariot les sentiers du bateau ^
Orageux tourbillons qui poriez les naufrages Aux vagabonds vaisseaux des tremblants matelots. Témoignez son pouvoir à^ ses moindres ouvrages, Semant par l'univers la grandeur de son los''.
Faittes-la dire aux bois dont vos fronts se couronnent, Grands monts, qui comme Rois les plaines maistiisez: Et vous humbles cousfeaux^ ou les pampres foisonnent, Et vous ombreux vallons, de sources arrousez.
Féconds arbres fruitiers, l'ornement des collines, (dièdres qu'on peut nommer geans entre les bois, Sapins dont le sommet fuit loin de ses racines ^, Chantez-le sur les vents qui vous servent de voix.
Animaux qui paissez la plaine verdoyante, Et vous que l'air supporte, et vous qui serpentans Vous traînez après vous d'une échine ondoyante, Naissez, vivez, mourez, sa louange exaltans.
Chantez-la d'une voix, que nul soin n'interrompe, Grands rois parmy son peuple assis comme en son lieu : Et vous fiers potentats qui pleins de vaine pompe Estes dieux sur la terre, et terre devant Dieu.