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S'élève loin au-dessus de ses racines

Non, plustost on verra la neige s'enabraser, Que jamais ma franchise * à mes fers je préfère : Car comme ils sont trop forts pour les pouvoir briser, Aussi sont-ils trop doux pour m'en vouloir défaire.

L'ingénieux Dédale en l'antique saison, Afin de s'affranchir, empluma^ ses aisselles: Et moy, pourdemourer à jamais en prison J'enchaine mon amour et luy coupe les aisles.

Aussi tiens-je ^ mes fers comme un présent des cieuv. Et l'éternelle chaîne où sa beauté m'enlace, Plustost pour un loyer* d'avoir aimé ses yeux, Que pour un chastiment d'en avoir eu l'audace.

Bien-heureux, à l'égal des plus heureux esprits, Si fuyant la rigueur aux belles coutumiere^, Elle se laissoit prendre à celuy qu'elle a pris, Mesme nœud l'en rendant geôlière et prisonnière*.

Mais je souhaite un bien des mortels ignoré, Dont je voy l'espérance à mon cœur interdite : Et qui sera tousjours vainement désiré.

Si pour le posséder il faut qu'on le mérite.

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