Voir plus haut, p. 51 et 5î
74 LA LlTTÉUATURli FRANÇAISE AU XVI« SIÈCLE.
quitez el singulnriUz et cœcellences de la ville de Paris (1552) et l'histoire de Ferrand de Bez sur les faits et gestes des rois de Franconie et de France, de Pharamond à François I" (1577). Du Bellay de Langey dans son É/'itome de l'antiquité des Gaules du France (1556), Chaumeau de Lassay dans son Histoire du Berry (1566), César de Notre-Dame dans son Histoire de Provence (1614) Pieire Saint-Julien dans son Origine des Bourguignons (1580)' se montrent fidèles observateurs delà tradition.
Cependant ces fictions commençaient à éveiller le doute et la critique allait renverser cet éclmfaudage d'erreurs. François llotman dans son Frajicu-G allia (1572) • laissait de côté les prétendues origines troyennos, revenait à l'hisloire et faisait sortir les Francs de la Germanie. Du Haillan rompait avec les vieilles traditions comme avec les vieux systèmes des chroniques «. Jean du Tillet et Papyre Masson remontaient aux sources primitives et aux monuments authentiques de notre histoire '. Enfin deux érudits de premier ordre, Claude Fauchet et Estienne Pasquier faisaient définitivement justice de ces légendes et fondaient la critique historique dans noire pays.
Claude Faucuet *, premier président delà chambre des monnaies historiographe de France sous Henri IV, a pour ainsi dire créé la critique de l'histoire politique et littéraire de la France. Ses Antiquitez gauloises et françaises (1579-1601) et son traité de l'Origine de la langue et de la poésie française (i58i) se distinguent par des vues vraiment neuves et saines, une érudition aussi solide que variée et une méthode sévère. I^e premier de ces importants ouvrages comprend deux livres : l'un est consacré à l'hisloire des Gaulois, à celle des Francs qu'il se refuse à faire descendre des Troyens, et à l'histoire de leur établissement dans notre pays jusqu'en 751. L'autre contient l'histoire de Pépin et de ses successeurs depuis l'an 751 jusqu'à l'an 840. Ces deux livres débrouillent les origines obscures de notre pays.
Le Recanl de l'origine de la langue el poésie française^ n'est pas moins important. L'auteur y étudie les sources de notre idiome, montre bien qu'il n'est ni gaulois, ni grec ni germanique, et K qu'on le doit appeler Romand plustost que François; puisque la plupart des paroles sont tirées du latin. La longue sei-
t. Voir plus haut, p. 2l">. I l'origine de la langue cl poésie fran-
2. Voir plus haut, p. o;'. ! çoise, ryme et romans, plus les no7ns el