a voici le litre exact: Ilecueil de\ MCCC
ÉUUDITS.
gneurie que les Romains curent en ce païs, y planta leur langue '.» Il a le tort foiitofois de croire que celle langue romande est formée d'un mélange de gaulois et de latin ; on sait aujourd'hui que la langue française, comme les langues italienne, espagnole, portugaise, comme les langues provençale et roumaine, est sortie, par un développement naturel, du latin populaire*. Mais pour apprécier la valeur de ces recherches, il faut comparer la science de Fauche!, non à la science de nos jours, mais à celle de son temps. Sur ces questions d'origine de la langue, Fauchet est sinon dans la vérité, du moins dans la voie qui mène à la vérité, et il fait preuve d'un sens critique bien supérieur à celui de Henri Eslienne ^, pour ne pus parler du bénédictin Joachim Perion qui faisait venir en droite ligne le français du grec *. La seconde partie du Recueil de Vorigine est consacrée à des notices littéraires sur cent vingt-sept trouvères français, dont divers fragments sont cités d'après les manuscrits. Ici Fauchet est réellement novateur, et s'il eût fait école, il y a trois siècles que notre histoire littéraire serait fondée'^.
Les savantes et originales recherches de Claude Fauchet passèrent cependant inaperçues. Faut-il attribuer l'obscurité où elles restèrent à la faiblesse du style de l'écrixain, à l'embarras de sa prose lourde, pénible, sans art? C'est plutôt que les esprits n'étaient pas faits pour goûter alors les études d'histoire et d'érudition. Car le même oubli devait atteindre un ouvrage composé à la môme époque, les Recherches de la Fraucc d'EsxiENNE Pasquier ®, œuvre d'une importance scientifique presque aussi grande, et d'une valeur littéraire supérieure.
Les Recherches de la France, c'est-à-dire les Recherches sur la France, du célèbre avocat, touchent à divers points de l'histoire politique, littéraire et adminisirative du pays. L'auteur ne suit aucun ordre dans cet ouvrage, qui n'est qu'une série de mélanges. Lui-môme le reconnaît : « Il n'est pas, dit-il, qu'une prairie diversifiée d'une infinité de fleurs que la nature produit sans ordre ne soit aussi agréable à l'œil que ces parterres artis-