‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 62 sur 725 · Recherches, VI · texte numérisé non relu

Recherches, VI

2. Les Hecherches trouvent souvent leur coniplémpnt dans les Lettres de Pasquier. l,cs lettres formaient alors un genre qui était en vogue. On voyait les Scalifçer, les Jusie-Lipse, les Muret, etc., s'adresser en latin des lettres familières composées à loisir et longuement travail-

lées. Pasquier écrivit aussi des lettres, mais en français. Sa vaste correspondance qui comprend vingt-deux livres, touchent en général aux questions qui sont traitées dans les Recherche^. Quelques-unes toutefuis, plus réellement familières, nous entretiennent de la vie intime de l'auteur.

travestisse l'antiquité, en l'accommodant «à notre pratique française ; » il blâme ceux qui comme Paul-limile « dépaysent les lecteurs français, faute de se proportionnera leur ignorance. » mais il lui arrive aussi de tomber dans le défaut contraire et d'habiller les personnages barbares de la première race en seigneurs de la cour de Henri III.

Malgré tout il a l'incontestable mérite d'avoir porté la lumière au milieu de ces origines obscures, etil fait preuve d'une critique pénétrante, même sur les points où la vérité lui échappe. Comme écrivain, il a des qualités incontestables : l'énergie et la franchise de l'expression, une vigueur qui s'allie avec une certaine grâce, une bonhomie enjouée et aimable; l'archaïsme même auquel il se complaît n'est pas toujours sans charme.

Les œuvres de Pasquier et de Fauche t traitent de l'histoire aussi bien que de la langue française. Henri Estienne* s'occupe seulement de la langue dans son Traité de la conformité du françois avec le grec, dans sa Précellence de la langue françoise et dans ses Nouveaux dialogues du langage françois italianisé. Ces trois petits livres, où Eslienne se montre un écrivain de la bonne école, sont inspirés par une môme pensée : l'amour de la langue maternelle.

L'influence italienne était alors prépondérante. Les Médicis avaient mis l'italien à la mode et de nombreux mots italiens prenaient la place de mots français dans la bouche des courtisans. Cette mode ridicule irritait le patriotisme de H. Estienne qui la dénonce dans ses Dialogues du français italianisé''^, yeul prouver dans sa Pr écel leiice \ai supériorité du français sur l'italien, et dans sa Conformité, montre certains rapports curieux entre le français et le rec ; de là cette conséquence que, puisque le grec est la plus parfaite des langues, et que parmi les idiomes modernes, c'est le français qui s'en rapproche le plus, le français est la plus parfaite des langues modernes.

Ces trois ouvrages, écrits avec verve et entrain, sont agréables à lire. On y admire une fécondité inépuisable d'arguments toujours spécieux, sinon convaincants. Ou retrouve dans H. Estienne le disciple éclairé de Ronsard, qui aime ce vulgaire maternel, veut en maintenir l'intégrité pleine et entière, et en défend les droits avec éloquence et avec conviction, même quand il se trompe '.

{ . Voir plus haut, p. 6, et aux 3Io>'ceaux choisis, p. 176.

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