‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 638 sur 725 · I.c voila bas, si Dieu ne le relevé · texte numérisé non relu

I.c voila bas, si Dieu ne le relevé

ABRAHAM

Que dy-je ? où suis-je V ô Dieu mon créateur, Ne suis-je pas ton loyal serviieur?

Ne m'as-lu pas de mon pays tiré?

Ne m'as-tu pas tant de fois asseuré Que ceste terre aux miens estoit donnée ? Ne m'as-tu pas donné cesie lignée, En m'asseuranl que d'Isaac sortiroit Un peuple lien qui la ferre empliroit ? Si donc tu veux mon Isaac emprunter*, Que ^ me faut-il contre toy disputer ? 11 est à toy ; mais de loy je l'ay pris. Et pouraufant, quand tu l'auras repris, Resusciter plustost tu le feras, Que^ ne m'advinst ce que promis tu m'as. Mais, ô Seigneur, tu sçais qu'homme je suis. Exécuter rien de bon je ne puis, Non pas penser '; mais ta force invincible Fait qu'au croyant il n'est rien impoôsible. Arrière chair, arrière alVeclions :

Retirez-vous, humaines passions ; Rien ne n'est bon, rien ne m'est raisonnable, Que ce qui est au Seigneur agréable...

Qr ça, mon tils ! helas que veux -je dire !

ISAAC

Plaist-il, mon père ?

ABRAHAM

Helas, ce mot me lue* !

1. Se mourir {s\b\ mori).qui a le même sens que mourir, s'cniploif encore à l'indicatif: il se meurt, il se mourait.

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