‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 656 sur 725 · T'entendra · texte numérisé non relu

T'entendra

J'engraveray * ton tort dans ton parjure cœur : Car, quand lu m'auras fait croislre des morls le nombre Par tout devant tes yeux se roidira mon ombre *. Tu me tourmentes; mais, en l'ell'royable trouble Où sans fin tu seras, tu me rendras au double Le loyer ^ de mes maux. La peine est bien plus grande Qui voit sans fin son fait : telle je la demande; Et si les Dieux du ciel ne m'en l'aisoient raison, J'esmouvrois, j'esmouvrois l'infernale maison. Mon dueil n'a point de fin. Une mort inhumaine Peut vaincre mon amour, non pas vaincre ma haine. iDidon se sacrifiant, acte II; — t. I, p. 181 .)

2, Euée et le chœur des Phéniciens.

ENEE.

0 bienheureux départ ! ô départ malheureux * !

LE CHŒUR

Quel heur en ton départ?

ENEE.

L'heur que les miens* attendent.

LE CHŒUB.

Les Dieux nous ont faits tiens ''.

ENEE.

Les Dieux aux miens me rendent.

LE CHŒUR

La seule impieté léchasse de ces lieux.

ENEE.

La pieté destine autre siège à mes Dieux.

LE CHŒUR

Quiconques rompt la foy encourt des grans Dieux Tire *.

ENEE.

De la foy des amans les Dieux ne font que rire.

LE CHŒUR

La pieté ne peut mettre la pitié bas.

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