Voir aux Morceaux choisis, p
LES POETES DE loOO A 15S0.
rations qui deviendront entre les mains de Rabelais une source de boufl'oiinerie. C'est par ce mélange de qualités et de défauts qu'il excita l'admiration de ses contemporains ^ Il répondait à l'état des esprits; placé entre le moyen Sge et la Renaissance, il essayait de concilier les éléments les plus divers, les traditions de nos chansons de geste, les allégories, les moralités, les souvenirs de l'antiquité classique qu'il exprimait dans une langue à la fois naïve et savante. En continuant l'école des rhétoriqueiirs, Jean Lemaire préparait la Pléiade.
A cet écrivain se rattachent des versificateurs plus ou moins connus. Le Poitevin JiiAN Bocchet (1475-15bo) écrivit dans les loisirs que lui laissait sa charge de procureur, plus de cent mille mauvais versd'épîtres, d'élégies, d'allégories froides et pédantesques et des pièces en rimes équivoquées, batelées, couronnées , etc. Cependant ce mauvais poëte faisait autorité et s'imposait à l'admiration générale.
OcTAViiîN DE Saint-Gelais, le père de Melin, plus tard évéque d'Angouléme ^, a laissé de lourdes traductions en vers, l'Enétcie de Virgile présentée à Louis XII en 1500, vingt et une épîtres d'Ovide, peut-être VAndrienyie de Térence, et deux poëmes importants, la Chasse ou le Départ d'amour et le Séjour d'honneur '. Le premier de ces deux poëmes est un recueil de ballades, rondeaux, complaintes, etc., dans le goût du temps, ofi l'originalité consiste à avoir épuisé tous les genres de rhythraes et de rimes alors usités. Le Séjour d'honneur, poëme mélangé de prose, vaut mieux, Saint-Gelais y a exprimé des sentiments vrais. C'est l'histoire de sa vie et de son temps racontée sous forme allégorique; les tableaux et les descriptions intéressantes ne manquent pas; la figure de Louis XI est représentée avec force et profondeur; on y trouve surtout des souvenirs personnels, des retours et des regrets sur sa vie perdue dans les plaisirs, pleins d'une mélancolique poésie *.
Jehan des Mares, dit Marot, se rendit célèbre par ses épigrammes que Colletet, au dix-septième siècle, comparait à celles de Martial, par des rondeaux, des églogues, des pastorales, des épîtres. Le Doctrinal des Princesses et nobles Dames est un recueil de dix-huit rondeaux sur les devoirs des dames de la cour. Les