Oclavicn de Saint-Gelais a composé
également une complainte qui a été publiée dans le Vcn/ier d'honneur de son ami André do la Vigne.
4. Saint-Gelais mourait à 38 ans. épuisé par la maladie et les excès.
Voyages de Gênes et Venise, sont des relations des deux expéditions de Louis Xil en Italie. Les fantaisies d'une imagination poétique ne nuisent pas à l'exactitude de ces deux récits en vers qui ont la ligueur de documents historiques. Ils sont écrits en vers d'un rhythme varié, vers de dix syllabes, de douze, strophes, rondeaux ; quelquefois môme le récit est en prose. Ces deux ouvrages sont en bien des endroits remarquables et on peut les considérer comme le chef-d'œuvre de Jean Marot. Il s'y montre avec ses qualités et aussi ses défauts; facilité d'invention, grand talent de description, simplicité d'un style souvent gracieux, quelquefois énergique; mais négligence dans l'expression et! dans la versification. Aujourd'hui on a oublié, peut-être injustement, les poésies de Jean Marot S et on ne le connaît guère que comme le père de Clément.
L'Italien Ai.ione d'Asti ^ a laissé dans notre langue des poésies intéressantes. Les unes sont politiques ; tels sont Le voyage et coU' queste de Charles, huitiesme roy de France, sur le royaulme de Neapleset sa virfoire de Fornoue^, en quarante-quaire oclaves. La conqueste de Loys, douziesîne roy de France, sur la Duchié de Milan avecla prise de seigneur Ludovique, en soixante-sept octaves; un dit en l'honneur de François 1", vainqueur à Marignan ; une piquante chanson sur les Suisses défaits dans cette bataille. Les autres sont religieuses ; ce sont des Louanges à Notre-Dame, à sainte Catherine. D'autres sont des chansons légères, telles que la Chanson d\ine bergère, la Chanson et complainte d'une jeune fille mariée à un vieillard j (doux. Hemarquons enfin le Chapitre * de Liberté en tercets, où l'auteur chante l'indépendance : il avait appris dans les cachots du saint-siége à en connaître le prix. Le style d'Alione dans certaines pièces (le poëme en l'honneur de Charles VIII et les louanges à la Vierge) est bizarre et coniourné; la hardiesse des inversions, la fréquence desidiotismes