Voir aux Morceaux choisis, p
2. Maître Jean de l'Epine du Pont- Alais, dit Songe-Creux, « chef et maître joueur de moralîtez et farces à Paris, a composé plusieurs jeux, mystères et moralitez, satires et farces qu'il a fait réciter publiquement sur écliafaut en ladite ville. Il (Du Verdier, Bibl. franc., lY, oi)3.) Il y a bien peu de gens de nostre
temps qui n"ayent ouï parler de maîslre Jeaudu Poiitalais duquel la mémoire n'est pas encore vieillie, nv des rencontres, brocards, sornettes qu il faisolt et disoit, ny des beaux jeux qu'il jouoit... (Bonav. des Periers, Nouvelles, XXX). Il devait son nom au petit pont des Allés {Pont- Allais) jeté sur l'égout près de la pointe Saint-Eustache, à deux pas duquel il
88 LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU XVr SIÈCLE.
Creux (lb31), œuvre remarquable, où l'auteur avec une verve mordante et une vivacité entraînante passe en revue toutes les conditions de la vie et de la société ; les peintures satiriques, les réflexions malignes sur les hommes et les choses du temps se succèdent sans lasser jamais la patience du lecteur. La langue des Contreclicts est vive, nette et imagée.
La Légende de Pierre Faifeu d'Angers due à Charles de Bour- MGNÉ (152fi) est bien inférieure. C'est la chronique, platement prosaïque, des tours cyniques et scandaleux joués par le plus mauvais garnement qui se fût rencontré depuis Villon. Pierre Faifeu est le digne descendant des héros des Repues franches.
Jean Pakmentier, le fameux voyageur Dieppois *, a laissé un poëme écrit en strophes de douze vers, la Description nouvelle des merveilles de ce monde et de la dignité de l'homme. Il composa ce poëme durant sa navigation vers Sumatra, d'où il ne devait pas revenir ^. On y trouve de grandes pensées et des sentiments élevés, exprimés parfois avec force et dans une langue pure ; on a plusieurs fois signalé sa peinture des merveilles de la mer ^. La même inspiration religieuse et héroïque a dicté à Parmenfier des chants royaux et une moralité en l'honneur de la Vierge.
Clément Marot * est le poëte en titre de François I", comme Jean le Maire avait été celui de Louis XII. Durant le premier tiers de sa carrière poétique, il continua la tradition des Meschinot, des Crétin, des Molinet, des Bourgoing. Les poésies de sa jeunesse sont des pastiches plus ou moins heureux des œuvres de ces versificateurs. L'allégorie, la mythologie, l'obscurité d'une construction savamment contournée, la redondance du langage, tous les délauls des auteurs à la mode caractérisent ses premières œuvres. Ce n'est encore qu'un poëte de cour, qui compose des petits vers sur les événements du jour, qui écrit des œuvres de commande, compliments, complaintes, déclarations, épilaphes, etc. V Adolescence Clémentine ^ laisse à peine entrevoir le poëte qui écrira VÉpître auroipour avoir esté dérobé.
dressait ses trétaux. U est encore cité Sumatra; on a reconnu depuis que c'est
par Marot, Rabelais, Régnier, Th. de Bcze.
i. Né en 1494, mort à Sumatra en 1530. Il fut le premier Français qui aborda au Brésil, et qui atteignit « l'isle Taprobane, aultremcnt dicte Samatra {sic). T Jusqu'au dix-septième siècle on identiliait la Taprobane des auciens avec I
l'île de Ceylan.
ï. Ses poésies ont été publiées, au retour de l'expédition, par son compagnon de voyage Pierre Grignon, l!i31.
3. V'oir par exemple dans les Portes français publiés par Crepct, t. I, p, 562.