LES POETES DE 1500 A 15S
Les circonstances qui modifièrent la situation de Marot devaient éveiller son génie poétique.
La réforme se propageait en France '. Pendant la captivité du roi à Madrid, la Sorbonne commençait à poursuivre les partisans des idées nouvelles vers lesquelles inclinait Marot, plus par légèreté de caractère et par esprit de fronde que par conviction arrêtée. Dès 1520, il est en butte aux persécutions qui ne lui donnent guère de relâche pendant une dizaine d'années. C'est dans la prison et dans l'exil que se développe et mûrit son talent. A cette période de sa vie appartiennent ses pièces les plus remarquables, l'épître sur l'Enfer, c'est-à-dire le Chûtelet, satire virulente contre les gens de justice qui ne la lui pardonnèrent pas ; ses Épitres au roi pour sa délivrance, pour avoir esté dérobé, sur son exil de Ferare, son Egloguemr la mort de madame Louise de Savoie qui fut considérée comme le chef-d'œuvre du genre, et toutes ces petites pièces, épigrammes, ballades, dizains, etc., où Marot est resté sans rival. Il faut lire ces poésies, chefs-d'œuvre de grâce et d'esprit, donc aucune analyse ne pourrait donner une idée. Rappelons du moins ici deux sortes de pièces qui eurent au seizième siècle une grande réputation, les Blasons et les Coq à Verne. Les blasons étaient des descriptions élogieuses ou satiriques de diverses parties d'un objet ; dans la littérature galante du temps, ils furent spécialement appliqués à la description du front, des sourcils, des yeux, etc., de la femme. Les deux Blasons *, envoyés par Marot de la cour de Ferrare en France, inspirèrent toute une série d'œuvres de môme genre aux poètes contemporains : Melin de Saint-Gelais, Héroet, Scève, Beaulieu, Brodeau, Pelletier, etc. ; le Blason du Sourcil de Scève fut jugé par la cour de Ferrare comme le plus voisin du modèle donné par maître Clément. Les Coq à l'âne, désignés au moyen âge sous le nom de fratrasies (fatras) ou resveries, étaient des pièces incohérentes formant une sorte de jeux d'esprit. Marot leur donna un caractère nouveau en se servant habilement de cette incohérence apparente pour voiler la hardiesse de certaines satires et s'attaquer sans péril à des adversaires redoutables.
réunies en 1332 les œuvres de jeunesse de Cl. Marot. Elles se composent de petits poèmes : le Temple de Cupidon, la Queste de fausse amour, le Jugement de ÂJinos, de quelques épitres, complaintes, ballades, rondeaux, dizains, blasons, chansons, etc., et de quelques pièces traduites du latin.