La Borderie, le miynon de Marot, I
LES POETES DE 1500 A IbûO. 93
pido tourmenté par Vénus en môme temps que la Vierge M6re ; il se rend surtout célèbre par sa traduction entreprise sur l'ordre de François P' des douze premiers chants de VIliade, paraphrase plate et prosaïque d'une version française faite sur la version latine de Laurent Valla (1515) ^
BoxAVENTURE DES Pebiers ^, prosateur de talent, est un faible poëte. Il a de son maître Marot la facilité, la correction, la richesse de la rime, il n'en a ni la vivacité ni le trait piquant.
Marguerite d'Angoulême ou de Valois ', la sœur de François P"", la protectrice de Marot, est un écrivain distingué. Outre son Heptaméron, dont nous avons parlé plus haut *, elle a laissé des poésies et des œuvres dramatiques dont une partie a paru en 1547 sous le titre de Marguerites de la Marguerite des Princesses. Ce recueil renferme quatre poëmes mystiques, quatre mystères, deux farces, des chansons spirituelles, épîlres, complaintes, et des pièces de fantaisie en vers, VEidoire des Satyres et Nymphes de Diane, la Coche, VUmbre. On voit que ces ouvrages sont de nature bien diverse. On a prétendu que Marguerite s'était fait aider par s 'S nombreux secrétaires; jusqu'à quel point celte assertion est- elle fondée? on ne saurait le dire. Mais il faut remarquer que les divers écrits de Marguerite présentent un ensemble de qualités et de défauts qui semblent bien indiquer un seul et môme auteur. Le plus considérable des poëmes mystiques est le Miroir de l'àme pécheresse, amas de discussions Ihéologiques, qui fit grand bruit lorsqu'il parut, parce que c'était une nouveauté hardie d'exposer en vers des théories religieuses, mais qui laisse aujourd'hui le lecteur tout à fait froid. Le plus important et le plus original est le Triomphe de V Agneau. Le sujet de ce poëme est l'affranchissement du monde moral par le Rédempteur, qui délivre les hommes du mal, des ténèbres, de la terreur sacerdotale, du joug de l'ancienne loi complice du péché, et qui au ciel intercède en faveur des malheureux; l'inspiration est haute :1e souffle, l'énergie qui anime le poëme fait souvent oublier les subtilités, les longueurs ouïes trivialités qui s'y rencontrent.
Les^Chamons spirituelles, complaintes, etc., sont aussi remarquables ; elles sont pour la plupart vraiment lyriques ; elles respirent des sentiments profonds et sont dictées par une émotion sincère. Nous signalerons les Pensées de la reine de Navarre es-