‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 80 sur 725 · lipistre sur l'immortalité des Poètes français · texte numérisé non relu

lipistre sur l'immortalité des Poètes français

o. Eu voici l'argument, rédigé par

LES POETES DE loOO A looO. 9b

mais par son ingénieux Débat de la Folie et de VAmour, elle se rattache à Marot *.

Il est un disciple de Marof, le plus célèbre, qui mieux que tout autre montre le caractère de cette école poétique et explique pourquoi elle est si vite tombée; nous parlons de Mélin de Saint-Gelais -.

Mélin, fils naturel d'Octavien, avait subi en Italie l'influence de Pétrarque. Ses liaisons avec le comte d'Angouléme, plus tard François I<='", lui donnèrent accès à la cour, où il fut comblé de toutes les faveurs. Cet épicurien spirituel, mordant, prompt à la répartie, devint, comme dit Du Bellay, le poète courtisan, composant pour chacun des rondeaux, quatrains, huitains, cartels, etc., toutes sortes de gentils riens agréablement tournés et qui ravissaient d'aise celte cour aimable et galante. Il était de toutes les fêtes, il en réglait les mascarades, et en écrivait les vers. En 1534, la jeune reine Catherine de Médicis assista à Blois à la représentation de la Sofonisba do son compatriote le Trissino, traduite en français avec chœur en vers par Mélin de Saint-Gelais.

Tel était ce poète de cour, à l'esprit scintillant, gracieux, mais sans force ni vigueur : aucune de ses productions ne devait lui survivre. C'étaient, dit Pasquier, « de petites fleurs et non fruits d'aucune durée; c'étaient des mignardises qui couraient de fois à autres par les mains des courtisans et dames de cour; qui lui était une grande prudence, parce qu'après sa mort on fit imprimer un recueil de ses œuvres qui mourut presque aussitôt qu'il vit le jour^. »

Saint-Gelais fut le dernier disciple de Clément Marot. L'influence du maître ne s'étendit pas au delà du règne de François l'^^ Il semblait, au début du règne de Henri II, qu'il dût jouir longtemps encore d'une gloire incontestée. Saint-Gelais et François Habert étaient en faveur auprès du nouveau prince. Thomas Sibilet en to48 publia un Art poétique qui repose presque tout entier sur les œuvres de Marot. Mais l'année suivante une révolution éclata et la poésie française entra dans des voies nouvelles.

Henri Simon, un ami de G. d'Aurigay.

L'enfant Amour, lant inhumain l'ufl-il, N'avoit onc eu du tuleur cognoi-sance, Et le tuleur, plus jeune que subtil, A en vouloir de régir son enfance.

Ce qu'il a fait est de telle prudence. Qu'il tint Amour longuement soiiffreteux, Mesme ton dard flambant et dangereux.

Sans eslre veu fut longtemps inutile.

Mais à la fin, il fut si furieux, Que du tuteur il en lit un pupille.

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