‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 81 sur 725 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'école de Ronsard.

Vers 1549, se trouvait réuni au collège Coqueret à Paris un groupe déjeunes gens qui, sous la direction du savant humaniste Dorât', étudiaient avec ardeur les liltéralures anciennes. Ils admiraient avec leur maître les œuvres do Sophocle, d'Eschyle, de Piridare, d'Homère ; et, comparant la poésie de Marot et de son école aux œuvres sublimes de la muse grecque, ils dédaignèrent ces poètes gracieux, élégants, sans élévation et sans force. Prenant leur enthousiasme pour du génie, ils conçurent, sous l'inspiration de Ronsard, l'audacieux projet de doter notre littérature de tous les genres qui lui faisaient défaut, la tragédie, la comédie, l'épopée et l'ode ; de créer une languepoétique nouvelle,distincte delà prose, digne de ces grands sujets, et d'enrichir la versification de rhythmes plus éclatants et plus sonores. En 1549, le manifeste fut lancé : c'était un opuscule de Du Bellay, intitulé : La Deffense et illustration de la langue françoyse. La môme année et la suivante paraissaient des poésies de Du Bellay et de Ronsard. L'émoi fut grand dans le camp de Marot ; mais la lutte ne fut pas de longue durée. Dès 1530, Ronsard était reconnu comme le prince des poètes français. Par allusion aux sept étoiles de la Pléiade et faisant revivre le souvenir des poètes grecs de la cour des Ptolémées, il réunissait avec lui, en un groupe qu'il appelait la Pléiade, son maître Dorât, ses trois condisciples et deux autres amis, Etienne Jodelle et Pouthus de Thyard (ou, selon une variante moins autorisée, Scévole de Sainle-Marihe et Muret); lui-môme était l'astre le plus brillant de la constellation. Durant quarante ans il rayonna sur la P'rance et l'Europe, pour s'éteindre ensuite brusquement.

C'est l'histoire de ce mouvement littéraire et des poètes qui en furent les promoteurs que nous allons rapidement raconter.

Pierre de Ronsard ^ avait passé sa première jeunesse au ser-

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