Poète de l'Anthologie; Toir AnthoL, IX
ces pe(i(s poëmes où sous une fable, une alle'gorie, une salire, se cache un enseignement moral. Imitées en partie de l'antiquité et souvent de Théognis, dont elles rappellent les sentences, avec moins d'amertume satirique, ces poésies résument la vie de Baïf, les leçons qu'il a jirées de l'expérience, et ses jugements sur les hommes et les choses. La morale des Mimes est pure et élevée, la forme en est variée : élégies, épîtres, odes, allégories, fables s'y succèdent tour à tour; mais le style est négligé, bien qu'on y rencontre, comme dans les Passe- Temps, quelques traits gracieux, une bonhomie aimable et naïve; et, si dans quelques fables l'influence des modèles grecs donne à Baïf une sobriété et une concision heureuses, l'ensemble est faible dans la forme.
Baïf, de nos jours, est surtout connu pour les innovations qu'il a voulu apporter dans notre versification. Il avait conçu l'idée d'unir étroitement la musique avec la poésie : dans cette pensée il avait ramené l'orthographe à une notation plus simple reproduisant les seuls sons prononcés, notation inspirée d'ailleurs par les réformes de Raraus; et il avait cherché à remettre en honneur la métrique ancienne qui repose sur la quantité, c'est-àdire sur un élément de prosodie musicale *.
Il n'était pas entré le premier dans celte voie; l'idée de reproduire la versification des Grecs et des Latins dut venir à plus d'un poëte à cette époque de la Renaissance où l'imitation de l'antiquité était un culte. A en croire d'Aubigné, l'honneur de l'invention appartient à un certain Mousset qui aurait traduit en hexamètres l'Iliade et l'Odyssée. « Encore puis-je dire un commencement qui estoit en ces termes :
Chante, déesse, le cœur furieux et l'ire d'Achille, Pernicieuse, qui fut, etc. 2, »
En 1od3, Jodelle écrivait le distique suivant sur les œuvres poétiques de Magny :
1 . A ces tentatives de réfonnc se rattache l'établissement d'uue Académie de poésie et de musique autorisée par lettres patentes de Charles IX(lo"0) et qui vécut uue vinfçtaiue d'années. Nous renvoyons à M. Becq de Fouquièies pour l'histoire, assez curieuse, de cette Acudémie. (Introduction ans Œuvres de Baïf, p. xvi-