‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 92 sur 725 · e l'oy,'j& l'entends · texte numérisé non relu

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plupart des poêles de la Renaissance, le perdit également. Toutes ses œuvres sentent l'improvisation. Nous avons sur ce point le témoignage formel de son éditeur et ami, Charles de La Mothe. « Nous pouvons, dit-il, citer aux lecteurs une chose quasi incroyable, c'est que tout ce que Ton voit et que l'on verra composé par Jodelle, n'a jamais été faict que promptement, sans estude et sans labeur ; et pouvons avecque plusieurs personnages de ce temps, tesmoigner que la pluslongue et difficile tragédie ou comédie ne l'a jamais occupé à la composer ou escrire plus de dix matinées : mesme la comédie d'Eugène fut faicle en quatre traittes... Tous ses sonnets, mesmes ceux qui sont par rencontres, il les a tous laicts en se promenant et s'amusant parfois à autres choses si soudainement que, quand il nous les disoit, nous pensions qu'il ne les eut encore commencez. Bref, nous ne croirons jamais qu'aucune autre nation, de tout le temps passé, ait eu un esprit naturellement si prompt et adextre en ceste science*.» De ces poésies que prodiguait le fécond génie de Jodelle, bien peu ont survécu ; jamais auteur ne se montra plus insouciant de ses œuvres, et il refusa toujours de les publier. Le recueil que Ton possède, dû aux pieux soins de Ch. de la Mothe, ne contient que les œuvres de jeunesse du poëte. Et, malgré les nombreux défauts qui les déparent, elles montrent encore ce qu'eiit pu faire Jodelle, si, plus soucieux de son talent, il avait travaillé à le régler.

Les œuvres que l'on a conservées de Jodelle comprennent, en dehors des deux (ragédies et de la comédie qui seront examinées plus loin, de nombreux sonnets, des odes, des élégies, des chapitres en tercets^, des épîfres,des épithalames, des figures, des devises, des mascarades. Ces dernières pièces sontdes œuvres decirconstances, commandées par le prince, pour les fctes dont Jodelle était l'organisateur '. Les autres poésies sont pour la plupart des poésies amoureuses ou des poésies politiques. Parmi les premières on distingue les Contr'Ainours qui, au témoignage de Charles de La Mollie*, devaient comprendre (rois cents sonnets et qui n'en contiennent plus que sept, écrits « en haine d'une dame qu'il avoit autrefois affectionnée". » Rappelons encore

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