A la nouvelle école de Malherbe
Olivier de magny * débuta en l;i53 par des sonnets amoureux où il célèbre, en vers froids et insipides, une maîtresse qu'il désigne sous le nom de Castanire, Il se montre plus original dans ses (rayiez (1554) où sa muse épicurienne lui dicte plus d'une pièce vive , gaie, gracieuse. On y reconnaît un esprit alerte, spontané, une imagination vive et heureuse. La même inspiration se retrouve dans le recueil publié à son retour d'Italie qu'il intitule, on ne sait trop pourquoi, les Soupirs (1557). Les sonnets amoureux des Soupws ne sont pas exempts de recherche et de subtilité ^. Mais tous ne sont pas dictés par l'amour: il en est de purement descriptifs et ce ne sont pas les moins bien réussis. Les Odes (1539), dédiées aux personnages les plus illustres du temps, écrites d'un style à la fois simple et élevé, roulent sur des sujets divers. Les hymnes païens, les descriptions, les chanis de triomphe des armes françaises, les épithalames, les épilaphes s'entremêlent. Ces odes, que Colletet estimait le meilleur ouvrage de Magny, sont remarquables par l'art de la forme et du rhythme : Magny s'y montre disciple habile et ingénieux de Ronsard : mais la vigueur et le souffle lyrique lui font défaut.
Nous avons déjà rencontré le nom de Louise Labé, la belle Cordiére ^, qui fut aimée par 0. de Magny et répondit àsonamour. Ses Sonnets et ses Élégies (lob6) respirent une passion profonde; sa poésie, incorrecte et rude, est pleine d'ardeur et de
grand Maestres de ce teraps-Ià ont prise, et qu'ils puissent cstre alléguez comme ceux-là exemplo, que nous voyons de leurs mains des Poëmes épiques, héroïques ou quelque chose qui se puisse appeler œuvre. « (T. I, de l'édition Réaume et La Caussade, p. 457 et suiv.)
1. Né à Cahors, ami de Hugues Salel, qui le présenta à Jean d'Avanson, conseiller du roi ; il accompagna ce magistrat à Rome où il rencontra Du Bellay. Il mourut vers lô60, secrétaire de Henri II. Voir sur 0. de Magny l'édition des Garjtez publiée par M. Courbet et le travail publié par M. E. Turquéty dans le Bulletin du Bibliophile, décembre 1860, sur les amours de Magny avec Louise Labé, la belle Cordiére.
2. Témoin le fameux sonnet [Hola, Caron, nautonnier infernal) qui excita une si profonde admiration à la cour de Henri II que tous les musiciens du temps s'essayèrent à l'euvi à le mettre en musique.