Voir plus haut, p. 94. — Née à Lyon
vers 1526, Louise Charly (ou Charlin, ou Chailier), dite Labé, a|ipartenait à la riche bourgeoisie de Lyon. Elle était versée dans les langues anciennes et pariait l'italien et l'espagnol. Elle avait reçu une éducation virile, et, à l'âge de seize ans, avait pris part au siège de Perpignan (lo42) sous le nom du capitaine Loys. Elle fut chantée par la plupart des poètes du temps. Quand elle eut épousé le Lyonnais Ennemond Perrin, riche cordier, sa maison devint le rendez-vous de toute la société choisie de Lyon. Ses œuvres impiiniées à l-yon en 1556 se composent d'un Débat de Folie etd' Amour, comédie en prose en cinq discours, qui rappelle pour le fond VEncomium Morix d'Iîrasmc, etqui par son caractère allégorique se rattache à l'école de .Marot ; de vingt quatre sonnets, et de trois élégies. Le recueil se termine par vingt- quatre pièces composées par divers poètes en son honneur ; quatre sont en italien, une est en latin.
flamme. C'est un cri sorti du cœur, que cette invocation à l'amour:
Fais que celui que j'estime mon tout.
Qui seul m'a peu faire pleurer ou rire, Et pour lequel si souvent je soupire, Sente en ses os, ea son cœur, en son ame, Ou plus ardente ou bien égale flamme i !
Jacques Tahureau du Mans ^chante, lui aussi, un amour sincère. II célèbre celle qu'il cache discrètement sous le nom de VAdmiréef avec un accent si profond, une passion si vraie, que tous deux, à leur tour, furent clianlés par les poètes du temps ^. Ses vers sont tour à tour animés par la passion, sensuels jusqu'à la licence, et gracieux jusqu'à la mij;nardise. C'est le Parny du seizième siècle; ses contemporains l'égalaient à Catulle.
Nicolas Denizot, le comte d'Alsinois *, célèbre de son temps comme peintre, graveur, mathématicien, ingénieur et poëte, publia, en 1553, treize Cantiques du premier advenement de J.-C. ; c'est un poëte médiocre.
Louis le Caron ^, qui se donnait à lui-même le nom de Charondas, débuta en loo4 par des sommets, odes, et un poëme, le Démon de l'amour. Il abandonna de bonne heure la poésie pour se livrer à l'étude du droit.
Est. de la Boetie ®, le célèbre auteur du Contre un, chanta sa maîtresse dans une série de sonnets ingénieux et froids où l'amitié seule de Montaigne a pu trouver de la poésie.
L'inspiration calviniste dicte à Louis des Mazures "^ des Psau-